Angelo Weber
Spécialiste en prévoyance Personal Banking

Quels revenus du capital sont imposables?

Si, en tant qu’investisseuse ou investisseur, vous réalisez des gains, la question de la fiscalité appropriée se pose. Tous les gains issus de placements financiers ne sont pas imposés de la même manière. Si des impôts à la source étrangers ou l’impôt anticipé suisse sont prélevés, vous avez, dans certains cas, la possibilité de les récupérer dans la totalité ou en partie.

De manière générale, la fiscalité des personnes physiques distingue entre revenus du capital et gains en capital.

Revenus du capital

Les revenus des titres comprennent les dividendes d’actions ou les intérêts d’obligations ainsi que d’autres valeurs mobilières. Ces produits doivent être déclarés et imposés comme revenu. De plus, un impôt anticipé de 35% (situation : 2025) est prélevé sur les titres émis par des débiteurs suisses. Les personnes assujetties aux impôts en Suisse peuvent entièrement le récupérer via la déclaration fiscale. Si vous percevez des revenus de sociétés étrangères, il n’y a pas d’impôt anticipé, mais une retenue à la source, dont le taux varie selon le pays. La possibilité de récupérer cette retenue dépend de la convention de double imposition entre la Suisse et le pays de domiciliation du débiteur étranger.

En ce qui concerne l’imposition des dividendes de sociétés suisses, il existe plusieurs exceptions: si les dividendes proviennent de réserves d’apports en capital plutôt que de bénéfices, ils ne sont pas imposés. De plus, si vous détenez au moins 10% du capital en actions en tant qu’actionnaire, vous bénéficiez du privilège de l’imposition partielle des dividendes (la Confédération impose à 70% et les cantons à au moins 50%).

Gains en capital

Sont considérés comme gains en capital les profits réalisés lors de la vente d’actions, de fonds ou d’obligations lorsque le prix de vente est supérieur au prix d’achat. Si, en tant que particulier, vous vendez des titres avec un gain, ces plus-values sont, en règle générale, exonérées d’impôt. Cela suppose toutefois que les titres soient détenus dans le patrimoine privé et non dans le patrimoine professionnel.

De plus, l’Administration fédérale des contributions (AFC) a défini des critères pour déterminer si une personne doit être considérée comme un commerçant professionnel de titres:

  • Il faut respecter une période de détention d’au moins six mois.
  • Les revenus issus des gains en capital ne doivent pas dépasser une certaine part de votre revenu net.
  • Le volume des transactions (somme des prix d’achat et de vente de tous les titres) ne doit pas dépasser cinq fois la valeur totale du portefeuille au début de l’année.
  • Le négoce de titres ne doit pas constituer votre principale source de revenus.
  • Vos titres ne doivent pas être financés par des fonds de tiers, tels que des crédits. Autrement dit: vos revenus imposables doivent être supérieurs aux intérêts débiteurs.
  • Les dérivés ou les options ne peuvent être utilisés qu’à des fins de couverture.

Si tous ces critères ne sont pas remplis, il ne peut être question de gestion privée de fortune. L’évaluation finale revient, toutefois, aux autorités fiscales, sachant que celles-ci se montrent généralement très prudentes lorsqu’il s’agit de qualifier une personne de commerçante de titres. Parmi les conséquences d’une telle qualification il y auraient notamment les suivantes:

  • Tous les gains en capital (y compris futurs) issus des titres sont soumis à l’impôt sur le revenu progressif.
  • Tous les gains en capital ainsi que les revenus sont soumis à l’AVS. Cela représente une charge supplémentaire d’environ 10%. Le gain en capital correspond à la différence entre le produit de la vente et le coût d’acquisition initial. Si, par exemple, vous avez acheté des actions il y a 10 ans, c’est ce prix d’achat qui fait foi.
  • Vous pouvez déduire fiscalement les pertes en capital pendant sept ans, à condition qu’elles aient été comptabilisées et enregistrées en tant que telles.

Impôt anticipé: pourquoi est-il prélevé et comment le récupérer?

L’impôt anticipé est un impôt prélevé directement à la source par la Confédération. Il s’élève à 35% sur les revenus du capital mobilier, tels que les intérêts ou les dividendes. Sont concernés les sources suisses comme les titres, les comptes bancaires, etc.

Ainsi, vous ne recevez de votre banque que 65% des intérêts et dividendes; les 35% restants sont directement versés à l’Administration fédérale des contributions (AFC). L’impôt anticipé vise principalement à lutter contre la fraude fiscale, car le prélèvement de cet impôt comporte la déclaration de tous les revenus du capital aux autorités fiscales.

Afin de ne pas désavantager les investisseurs, les personnes domiciliées en Suisse peuvent récupérer l’impôt anticipé via leur déclaration fiscale. Pour cela, vous devez déclarer les intérêts comme revenus et le solde correspondant comme patrimoine dans l’état des titres de votre déclaration d’impôt. Si cela est fait correctement, vous récupérerez les 35% d’impôt anticipé auprès de votre administration fiscale cantonale, soit par compensation avec les impôts cantonaux et communaux, soit par remboursement. Pour les personnes domiciliées à l’étranger, le remboursement dépend de l’existence d’une convention de double imposition applicable.

L’illustration montre le processus par lequel les contribuables en Suisse peuvent demander le remboursement de l’impôt anticipé.

L’Etat prélève également, dans certains cas, l’impôt anticipé directement sur les gains provenant de loteries et de jeux d’adresse à des fins promotionnelles, sauf s’ils font partie des revenus exonérés définis par la «Loi fédérale sur l’impôt fédéral direct». Les rentes et prestations issues d’assurances (assurance-vie, 3e pilier) sont également soumises à l’impôt anticipé. Le taux d’imposition y est plus bas (15% ou 8%), selon le type de prestation.

Comment déclarer les revenus du capital dans la déclaration d’impôt?

Voici comment procéder étape par étape:

Bon à savoir

UBS met à votre disposition, dans Mobile Banking ainsi que dans E-Banking, tous les documents importants dont vous avez besoin pour votre déclaration d’impôt.

En sélectionnant «Documents bancaires» dans votre profil, vous trouverez tous les documents essentiels dans le dossier «Fiscalité». Ces documents suffisent souvent comme justificatifs et vous pouvez ainsi éviter de remplir individuellement l’état des titres dans la déclaration d’impôt.

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Conclusion: comprendre la fiscalité et profiter des avantages

  • Les particuliers ne doivent, en général, pas payer d’impôts sur les gains en capital issus de la vente d’actions et peuvent, dans certains cas, récupérer une partie des impôts sur les revenus du capital.
  • Il est toutefois important de savoir quels impôts s’appliquent à quoi, car les règles fiscales varient selon le canton et la situation individuelle.
  • Afin de pouvoir obtenir le remboursement de l’impôt anticipé, vous devez déclarer tous les revenus dans votre déclaration d’impôt.

Outre les gains en capital non imposables, les intérêts provenant des comptes du pilier 3a et des comptes de libre passage sont également exonérés d’impôt, à condition qu’ils servent à la prévoyance vieillesse.

Bon à savoir

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