Blockchain Révolution en 40 bytes

Susceptible de changer le monde encore plus qu’Internet, Blockchain n’appartient à personne, mais tout le monde peut l’utiliser.

par Lukas Hadorn 26 oct. 2016

Illustration: Eboy

Vous avez certainement déjà entendu parler de la cryptomonnaie Bitcoin. Une monnaie numérique qui n’est ni imprimée par une banque centrale ni distribuée par les établissements financiers, mais créée et gérée de façon autonome. En revanche, la technologie qu’elle utilise est moins connue. Baptisée Blockchain, elle permet de créer des monnaies numériques servant à payer dans le monde entier sans qu’une banque entre en jeu. Mais comment cela fonctionne-t-il?

Il faut imaginer Blockchain comme un gigantesque livre de comptes, une base de données où les transactions sont consignées et consultables. Par tous. Car Blockchain n’est pas un système centralisé appartenant à une société ou une organisation. Chacun peut inscrire une information, p. ex. un paiement Bitcoin, dans la chaîne de blocs. Les informations sont concaténées en blocs de données de 40 bytes. D’où «Blockchain» (chaîne de blocs).

Transparent de bout en bout

La transparence et l’exactitude de la chaîne de blocs sont garanties par la nature décentralisée et cryptographique du processus, qui contrôle les informations avant de les stocker. Ce processus est visible de tous et toujours validé par plusieurs parties afin d’éviter toute manipulation.

«Blockchain pourrait être aux banques, aux assurances ou aux cadastres ce que Wikipédia a été aux encyclopédies», explique Reto Gadient, fondateur de B.ACADEMY et initiateur du premier Crypto Summit 2.0 à Zurich. «Il s’agit d’un moyen extrêmement bon marché et sûr de spécifier des valeurs comme l’argent ou les biens fonciers, mais également les identités, brevets ou droits d’image, de les valider et de les traiter en toute confiance.» L’idée de lier des transactions à des conditions par des «contrats intelligents» est très prometteuse. Ainsi, la voiture de location ne démarrera que si le leasing a été payé.

D’abord dans les pays émergents

Prenant cette évolution très au sérieux, les banques se sont rassemblées au sein d’un consortium baptisé R3 en vue d’examiner les opportunités de cette technologie. «Pour les clients suisses, le contact direct avec leur banque ne changera pas dans un premier temps», tempère Reto Gadient. «Blockchain devrait d’abord s’imposer là où les besoins en infrastructures fonctionnelles sont les plus grands, c’est-à-dire dans les pays en développement.» C’est pourquoi l’ONU et plusieurs organisations non gouvernementales s’intéressent à cette technologie.

Pour Reto Gadient, il est impossible de savoir à quelle vitesse et dans quel domaine Blockchain s’implantera. «Les infrastructures sont là, mais il y a encore des obstacles réglementaires, organisationnels et culturels à franchir.» Cela n’est pas sans rappeler les années 1980. «On savait alors qu’Internet allait changer les choses. Mais on n’imaginait pas à quel point.»

Autres temps, autres paiements

  • 1023 – La dynastie Song en Chine imprime des billets de banque, faute de cuivre.
  • 1887 – L’auteur de science-fiction Edward Bellamy imagine une «carte de crédit».
  • 1981 – American Airlines lance un système de miles. La fidélité a une valeur.
  • 2009 – La création de 50 Bitcoins marque l’émergence d’un système de paiement décentralisé mondial.
  • 2020 – La Suède abandonne l’argent liquide.
  • 2050 – Les monnaies sociales dominent, la réputation prime sur l’argent.

Laboratoire financier

UBS joue un rôle de précurseur en ce qui concerne Blockchain. Elle a mis en place un laboratoire d’innovation FinTech dans l’accélérateur de start-up Level39 à Londres. Une équipe y explore des technologies disruptives comme Blockchain. Le but est d’évaluer leur potentiel et les applications possibles dans le domaine financier.

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