Planifier la prévoyance Propriété - préparer l’avenir dès maintenant

Il n’est jamais trop tôt pour organiser sa prévoyance. Vous trouverez les questions à vous poser et leurs réponses pratiques.

par Jürg Zulliger 03 août 2017

Quels aspects la planification de la retraite englobe-t-elle?

La première question à se poser est: quand? Voulez-vous partir en retraite anticipée ou à l’âge «normal»? Comme la retraite anticipée entraîne une forte réduction de la pension, la retraite partielle peut s’avérer judicieuse. Par exemple, avec une réduction du temps de travail de 30% à 62 ans et la cessation totale de l’activité à 65 ans. Autre aspect central: se constituer un budget pour les périodes précédant et suivant le départ en retraite. Contrairement à ce que l’on pense, les coûts après la cessation d’activité ne sont pas plus bas qu’avant. Par exemple, nombreux sont ceux qui dépensent plus pour leurs vacances et leurs loisirs.

Planifier sa retraite implique en outre de définir les versements du pilier 3a et de l’avoir de la caisse de pension. Les institutions de prévoyance veulent savoir jusqu’à trois ans à l’avance si le futur retraité souhaite une perception en capital ou une pension de retraite. Si vous n’anticipez pas, vous pouvez vérifier s’il est possible et judicieux pour vous d’effectuer d’éventuels rachats volontaires et fiscalement déductibles dans la caisse de pension. C’est, entre autres, l’occasion de vérifier la santé financière de votre caisse de pension.

Quels aspects doivent particulièrement retenir l’attention des propriétaires?

Le montant de l’hypothèque est un facteur décisif. Vous devez garder une capacité financière suffisante après votre départ en retraite. Ce qui veut dire que les frais fixes réguliers (intérêts, charges et amortissements éventuels) doivent représenter au maximum un tiers des revenus disponibles avant votre retraite. Il est très important de comparer les recettes et les frais et de calculer un taux hypothécaire de 5%. Après vérification de vos calculs, vous vous rendrez souvent compte que votre capacité financière est moins grande que prévue. Même si vous n’avez qu’une première hypothèque dépassant 65% de la valeur de vos biens immobiliers, elle ne garantit en rien la pérennité de votre capacité financière après votre départ en retraite. Il se peut que vos revenus diminuent fortement, vous empêchant de maintenir vos opérations de crédit habituelles.

Quelles sont les conséquences fiscales?

En échelonnant bien vos retraits de l’avoir du pilier 3a, vous pouvez «casser» la progressivité de l’impôt sur le versement en capital. Lorsque vous planifiez votre retraite, il ne faut pas oublier que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’impôt sur le revenu ne baisse pas tant que cela après le départ à la retraite. En effet, de nombreuses possibilités de déduction sont supprimées, par exemple les frais professionnels, les versements dans le pilier 3a, etc. Avant de partir en retraite, si vous remboursez des retraits effectués dans la caisse de pension pour accéder à la propriété, ces montants ne sont plus déductibles de votre revenu imposable – seul l’impôt initialement payé sur le versement en capital est récupérable (sans les intérêts). Vous devez effectuer la demande de récupération dans un délai de trois ans après le remboursement dans la caisse de pension.

Quels sont les aspects facilement oubliés?

Il fut un temps où il était très populaire de percevoir des capitaux de prévoyance pour acquérir un logement (encouragement à la propriété). Si ces retraits ne sont pas remboursés avant le départ à la retraite, le montant de la pension peut, selon les circonstances, fortement diminuer. Beaucoup de personnes n’ont pas conscience du fait que cela ouvre une brèche dans leur prévoyance, qui peut avoir plus tard des conséquences dommageables sur la sécurité financière à la retraite.

A partir de quand vous préoccuper de la planification de votre retraite?

Il n’est jamais trop tôt. L’idéal est de commencer à y songer dès l’âge de 50 ans. Vous avez alors 10 à 15 ans pour prendre les mesures nécessaires. Certains en concluent peut-être qu’ils doivent économiser davantage pour pouvoir se permettre d’acheter une maison pour leurs vieux jours. Dans ce cas, les amortissements ou les remboursements de retraits dans la caisse de pension sont tout indiqués. Des amortissements exceptionnels sont possibles avec les hypothèques à taux fixe ou Libor – mais seulement à condition que cela soit régi contractuellement au préalable. A 62 ou 63 ans, il est souvent trop tard pour adapter ses finances à sa nouvelle situation.

Quel est le bon moment pour faire des rénovations et des aménagements?

Si possible, il vaut mieux réaliser vos rénovations pendant que vous êtes encore en activité. Et ce pour différentes raisons: étant donné que vos revenus professionnels sont plus élevés que ceux de la retraite, votre marge de manœuvre financière est tout simplement plus grande. Plus vous approchez de la retraite, moins il est judicieux d’augmenter vos hypothèques pour des rénovations. Des considérations d’ordre fiscal entrent en jeu: dans le cas de revenus encore plus élevés et surtout d’un échelonnement des investissements sur plusieurs années, l’effet d’économies d’impôts est nettement plus grand. Enfin, c’est plus sécurisant pour vous en tant que propriétaire – vous n’avez pas à vous soucier de régler des frais importants peu après votre départ en retraite.

Et si ça ne suffit pas?

Il faut bien sûr étudier chaque situation personnelle au cas par cas. Le défaut de capacité financière, qu’il soit important ou non, est déterminant. Bon à savoir: après votre départ en retraite, vous pouvez déduire la valeur de vos biens à partir d’un certain ordre de grandeur lors du calcul de votre capacité financière. Explications: vous ne considérez pas uniquement le montant de votre pension dans le calcul, vous pouvez aussi y ajouter une part de votre revenu de patrimoine et de vos biens pris en compte comme revenu. Si, malgré cette clarification, vous en venez à la conclusion que votre capacité financière n’est pas suffisante, le plus souvent, vous serez contraint de vendre votre logement.

Quels types d’investissements sont les plus judicieux?

Dans la majorité des cas, l’amortissement indirect dans le pilier 3a est tout indiqué. Le client en profite doublement: d’une part, les versements de revenus imposables sont déductibles. D’autre part, pour avoir un horizon d’investissement à plus long terme, il peut s’avérer judicieux d’investir les capitaux du pilier 3a dans des fonds, afin d’en tirer potentiellement de plus hauts rendements. Dans le cas d’un amortissement indirect, l’avoir est hypothéqué auprès de la banque et placé ensuite pour un amortissement supérieur. Le pilier 3a est intéressant pour les jeunes: s’ils y effectuent des versements réguliers, ils se constituent avec le temps un capital considérable, qui peut leur servir à acheter un logement. Le pilier 3a ressemble ainsi à un compte épargne-logement amélioré.

Quels autres moyens financiers, comme les héritages potentiels, peut-on prendre en compte lors de la planification de la retraite?

Le patrimoine des parents entre en jeu lorsqu’il fait l’objet d’accords contractuels (par exemple les donations, avances sur héritage ou un pacte successoral au sein de la famille). Pourtant, il arrive souvent que les enfants héritent de la réserve légale par testament ou pacte successoral. Ou, pour d’autres raisons, l’héritage ne répond pas à leurs attentes (frais de santé et de soins, etc.). Il est donc plus logique de régler sa succession de son vivant. C’est en effet le seul moyen de prendre en compte et satisfaire les souhaits et besoins de chacun.

Quels documents apporter lors d’un entretien de conseil?

Avant un entretien de conseil, il est important de rassembler la documentation nécessaire. A savoir: votre budget, un extrait de votre compte du pilier 3a, votre certificat de caisse de pension, comprenant le règlement de cette dernière, ainsi que votre déclaration d'impôt. En règle générale, il est judicieux d’effectuer un calcul préalable du montant de votre rente AVS, surtout à partir de 50 ans. Ce service est disponible gratuitement auprès de la caisse de compensation compétente.