Constituer sa fortune Ah, si j’étais riche!

Peut-on encore épargner? Oui, avec discipline, patience et ingéniosité. Voici quelques conseils.

par Stephan Lehmann-Maldonado 06 févr. 2017

Si vous souhaitez devenir millionnaire, vous avez besoin d’une stratégie qui tient compte de toutes les périodes de la vie – à l’image du jeu «Destins». Illustration: Raffinerie AG

Ses montagnes de billets sont légendaires. Mais il n’est plus aussi facile de s’enrichir à la manière de l’oncle Picsou. Des placements robustes aux intérêts sans risque d’antan, il ne reste plus que le risque sans les intérêts. Alors, comment épargner?

Savoir se montrer patient

Premier principe: «Hâte-toi avec lenteur.» Autrement dit, évite les placements spéculatifs qui promettent des rendements «sûrs et rapides». Car il n’y a pas de rendement sans risque. Il est tout aussi important d’être au clair sur les besoins qu’on a – depuis la garde-robe d’hiver jusqu’au contrat de mobile en passant par les assurances. De quoi ai-je vraiment besoin? Qu’est-ce qui me fera toujours plaisir demain? Ainsi, on est davantage à l’abri des modes. Il ne s’agit pas de se détacher des biens matériels, mais de se libérer du superflu en y prenant plaisir.

La discipline par l’ordre permanent

Souvent, la volonté d’épargner ne fait pas long feu. Les plus malins décident de se fixer des limites en mettant en place des ordres permanents. Il est recommandé de mettre de l’argent de côté sur des comptes séparés pour les impôts, les amortissements d’hypothèques ou l’épargne. Il est opportun, toutefois, de laisser deux ou trois mois de salaire sur son compte privé – une réserve pour faire face aux impondérables.

Bourse ou compte en banque?

Que faire de ses économies? Sur dix ans, un portefeuille diversifié présente presque toujours un bilan positif. Autrement dit, un compte de fonds devrait être rentable à long terme. Aussi flexible qu’un compte conventionnel, il investit dans des fonds qui offrent des perspectives de rendement supplémentaires en bourse – avec des risques en conséquence. L’option de l’ordre permanent est pratique, p. ex. 250 francs par mois. Si les cours des actions sont élevés, le montant permettra d’acheter moins de titres. Et davantage si les cours chutent. Cette astuce se traduit par des prix d’achat en moyenne plus bas.

La prévoyance plutôt que la confiance

La plupart pensent qu’ils sont bien couverts. Mais un actif sur trois s’en remet uniquement à l’AVS et à la caisse de pension. Dommage! Car les règles du jeu pourraient évoluer au gré des réformes. De plus, la prévoyance libre du pilier 3a est taillée sur mesure pour l’épargne. Les actifs affiliés à une caisse de pension peuvent verser au plus 6826 francs pour 2019. C’est intéressant, ne serait-ce que parce que les versements sont déductibles du revenu imposable. Et en procédant au versement en début d’année, on profite toute l’année du taux préférentiel.

État et fiscalité

Les caisses de pension offrent une autre opportunité de «rendement». Les rachats facultatifs sont déductibles des impôts. Envoyé généralement en mars, le certificat de la caisse de pension révèle un éventuel potentiel d’achat. Avant de confier de l’argent supplémentaire à la caisse, il convient d’en examiner la solidité (taux de couverture). Si les rachats sont répartis sur plusieurs années, cela peut freiner la progression de l’impôt. Les rénovations maintenant la valeur vénale d’un bien immobilier sont également déductibles. En la matière, une répartition sur deux ans est intéressante.