Macro Monthly décembre
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Perspectives macroéconomiques et par classes d’actifs - Décembre

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Macro Monthly décembre
Perspectives macroéconomiques et par classes d’actifs - Décembre

L’essentiel
La volatilité des marchés s’est intensifiée ces derniers temps, ce qui devait arriver tôt ou tard après la hausse presque linéaire des marchés actions depuis la mi-avril. Cette récente poussée de volatilité est intervenue alors que les investisseurs restent perplexes sur les perspectives d’assouplissement de la Fed et s’interrogent sur la question du retour sur investissement des dépenses liées à l’IA.
Nous pensons que la Fed se maintiendra sur la voie de l’assouplissement, tandis que les risques baissiers pesant sur le marché du travail l’emportent sur les risques haussiers pesant sur l’inflation. Dans ces conditions, nous augmenté notre exposition à la duration américaine pour couvrir notre positionnement par ailleurs favorable au risque.
Il est moins évident de répondre aux préoccupations liées à l’IA, et nous pensons que le marché sera confronté à ce thème pendant un certain temps. Néanmoins, la thématique de l’IA devient plus nuancée, car on constate une dispersion croissante au sein des mégacapitalisations technologiques entre les acteurs considérés comme les gagnants et les perdants relatifs, ce qui nous semble être une évolution saine. La forte concentration du marché et les valorisations élevées soulignent la nécessité d’équilibrer exposition indicielle et exposition active, afin d’assurer une diversification dans le cas où le retour sur investissement de l’IA ne serait pas à la hauteur des attentes ambitieuses suscitées par cette technologie.
Nous pensons que les fondamentaux sous-jacents resteront solides et, compte tenu de la réduction du risque sur les marchés, nous avons renforcé notre exposition aux actifs à risque, notamment aux obligations à haut rendement.
L’assouplissement de la Fed se poursuit
La faiblesse des actions a essentiellement commencé à l’issue de la réunion du Federal Open Market Committee du 29 octobre, au cours de laquelle le président de la Fed Jerome Powell a laissé planer le doute quant à la probabilité d’une troisième baisse consécutive des taux en décembre. Depuis, plusieurs membres du comité de la Fed ont durci le ton, ce qui a eu pour effet de ramener à 50 % les anticipations d’une baisse des taux en décembre.
Le président de la Fed Jerome Powell devrait malgré tout considérer les risques baissiers pesant sur l’emploi comme plus importants que les risques haussiers pesant sur l’inflation, et établir un consensus en vue d’une baisse des taux en décembre. Le taux de chômage augmente progressivement et l’inflation ressort globalement inférieure aux attentes. Parallèlement, les swaps sur l'indice des prix à la consommation (IPC) à un an sont orientés à la baisse, ce qui renforce l’idée que l’inflation induite par les droits de douane sera contrebalancée au fil du temps par les pressions désinflationnistes.
Swaps d’inflation américains

S’il s’avérait que nous nous sommes trompés et qu’au final les partisans d’une approche restrictive parvenaient à imposer le statu quo au sein de la Fed sans baisse de taux, nous pensons que la faiblesse des actifs à risque serait de courte durée. Le successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed, dont la nomination sera prochainement annoncée par l’administration Trump, sera probablement mandaté pour rapprocher les taux de la barre des 3 %.
Par ailleurs, même si on peut raisonnablement tabler sur une reprise de la croissance économique en début d’année prochaine après la faiblesse induite par le « shutdown » du gouvernement au T4, il est peu probable que le marché du travail rebondisse avec la même intensité. Force est de constater que l’un des principaux moteurs de la croissance, les dépenses d’investissement liées à l’IA, ne contribue pas particulièrement à créer des emplois (au contraire, l’IA pourrait même à terme peser sur la croissance de l’emploi), ce qui renforce selon nous le scénario de nouveaux assouplissements. Nous notons que malgré le report du calendrier prévu des baisses de taux de la Fed, le taux terminal implicite du marché reste globalement inchangé.
Dans la mesure où nous anticipons un nouveau tour d’assouplissement de la Fed et que nous considérons que les risques baissiers pesant sur le marché du travail sont plus importants que les risques haussiers pesant sur l’inflation, nous avons ajouté aux portefeuilles une position longue sur la duration américaine. Cela devrait contribuer à diversifier une partie de nos positions longues à risque en cas de détérioration plus importante que prévu du marché du travail.
Swap OIS américain à 1 mois dans 2 ans

Une thématique de l’IA plus nuancée
Le secteur technologique a sous-performé au cours de la récente période de faiblesse des marchés, malgré les résultats exceptionnels publiés par les mégacapitalisations. Les investisseurs se demandent à présent ouvertement si les dépenses d’investissement substantielles engagées dans l’IA finiront par générer des rendements attractifs alors que la question était à peine évoquée il y a quelque temps.
Malgré une certaine gêne à court terme pour les portefeuilles, nous considérons en réalité que ces dynamiques sont plutôt saines pour la pérennité du thème d’investissement de l’IA. Le fait que le marché commence à sanctionner certaines entreprises pour des plans d’investissement de grande envergure sans perspectives de revenus proportionnels peut instaurer une certaine « discipline de marché », à l’image des « Bond Vigilantes », ces investisseurs obligataires qui punissent le laxisme budgétaire des États et qui les encouragent à limiter leurs dépenses. Les bulles se forment lorsque les investisseurs délaissent complètement les fondamentaux au profit de la prise de risque. Or, cela ne semble pas être le cas.
En effet, le marché fait preuve de plus en plus de discernement dans la manière dont il valorise l’IA. La corrélation entre les cours des actions des hyperscalers cotés en bourse est passée de près de 80 % en juin à 20 % aujourd’hui, son niveau le plus bas depuis 2017. Cette évolution des corrélations entre les cours des actions indique que le marché différencie plus nettement les gagnants et les perdants relatifs potentiels dans ce domaine, ce qui constitue une évolution saine.
Corrélation moyenne par paire sur 3 mois pour les 5 premiers hyperscalers

De manière générale, nous pensons que la concentration accrue du marché autour du thème de l’IA ainsi que la baisse des corrélations témoignent du besoin croissant des investisseurs de s’assurer que leurs expositions sont diversifiées de manière active. Le groupe des Magnificent Seven représente désormais 35 % du S&P 500 en termes de capitalisation boursière, et environ la moitié de l’indice est soit directement composée d’entreprises du secteur technologique, soit étroitement liée à celui-ci par le biais des modèles économiques et des infrastructures. En d’autres termes, adopter une approche purement « passive » revient en réalité à prendre un pari « actif ». De nombreux gérants actifs ont été fragilisés ces dernières années par la concentration de la performance au sein des indices actions. Toutefois, le marché fait à présent preuve de davantage de discernement concernant le thème de l’IA et l’attention se porte davantage sur les entreprises qui adoptent l’IA (adopters) que sur celles qui la facilitent (enablers), ce qui devrait selon nous accroître la diversification au sein des indices actions.
Capitalisation boursière des 10 plus grandes entreprises en part du S&P 500

Allocation d’actifs
Malgré une correction classique des marchés actions, certains indicateurs de sentiment et de positionnement que nous suivons se sont nettement détériorés. Cette dégradation crée les conditions propices à un rebond, car les marchés se focalisent sur la solidité des résultats, la poursuite de l’assouplissement monétaire et le coup de pouce de 55 milliards de dollars au revenu disponible des ménages américains prévu ce printemps (après l’adoption de la législation fiscale américaine plus tôt cette année).
Nous restons confiants quant aux perspectives et nous maintenons une surpondération des actions. En effet, les résultats continuent de dépasser les attentes, le dernier trimestre ayant enregistré la plus grande proportion de surprises positives parmi les entreprises du S&P 500 depuis 2021. La dynamique des résultats est impressionnante à l’échelle mondiale, et nous continuons de privilégier les régions où elle est plus prononcée, notamment les marchés émergents et le Japon.
Malgré les récentes inquiétudes concernant certains segments du crédit, nous rappelons que même si des exceptions existent, l’endettement global du secteur privé se situe à des plus bas inégalés depuis plusieurs décennies (voir Macro Monthly : La clé de la résilience du cycle actuel). Dans ce contexte, nous avons profité de l’élargissement récent des spreads de crédit pour renforcer notre exposition au crédit américain à haut rendement. L’endettement des hyperscalers IA augmente sur le marché IG, tandis que la dynamique sous-jacente de l’offre et de la demande dans le haut rendement reste favorable.
Le principal risque économique reste lié au marché du travail. Nous sommes conscients que le ralentissement pourrait s’accélérer et se transformer en une dégradation plus marquée. C’est la raison pour laquelle nous avons couvert nos expositions aux actifs à risque avec une augmentation de la duration. Malgré le durcissement du discours de certains membres du FOMC, nous pensons que la Fed n’hésitera pas à assouplir davantage sa politique monétaire si le marché du travail ne montre pas de signes durables de stabilisation.
Classe d’actifs | Classe d’actifs | Signal global / relatif | Signal global / relatif | Point de vue d’UBS Asset Management | Point de vue d’UBS Asset Management |
|---|---|---|---|---|---|
Classe d’actifs | Actions mondiales | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous continuons de surpondérer les actions mondiales, qui sont soutenues par la vigueur des bénéfices, une croissance solide et les anticipations d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire. Nous préférons les États-Unis, le Japon et les marchés émergents à l’Europe, au Royaume-Uni et à l’Australie. |
Classe d’actifs | États-Unis | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous continuons de surpondérer les actions américaines. Nous pensons toujours que la Fed est engagée dans un cycle de baisse des taux et que la croissance devrait s’améliorer en début d’année prochaine. En outre, la croissance des résultats est forte parmi les valeurs de grande qualité et les entreprises américaines continuent de faire preuve d’adaptabilité face aux chocs. |
Classe d’actifs | Europe | Signal global / relatif | Sous-pondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sous-pondérons les actions européennes, dont la croissance des résultats reste plus faible par rapport à d’autres régions. Nous apprécions les banques européennes, qui devraient bénéficier de résultats solides. |
Classe d’actifs | Japon | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous surpondérons les actions japonaises, qui, selon nous, devraient profiter d’une croissance élevée du PIB nominal national et d’une amélioration des résultats. Une politique plus accommodante, combinée à un yen (JPY) faible, pourrait également soutenir la croissance future des résultats. |
Classe d’actifs | Marchés émergents | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous surpondérons les actions des marchés émergents, qui présentent des bénéfices solides dans la plupart des régions. L’indice MSCI EM est fortement pondéré en faveur des géants technologiques d’Asie du Nord, qui, malgré les pressions auxquelles ils sont soumis à l’heure actuelle, devraient continuer de bénéficier du cycle d’investissement dans l’IA à moyen terme. |
Classe d’actifs | Emprunts d'État mondiaux | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous avons adopté une position surpondérée sur la duration, car nous pensons que les obligations à échéances courtes offrent aux actifs à risque une protection en cas de ralentissement de la croissance. Le marché du travail semble toujours atone et nous sommes davantage préoccupés par les risques baissiers pesant sur la croissance que par les risques haussiers pesant sur l’inflation. |
Classe d’actifs | Bons du Trésor américain | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous avons relevé notre opinion concernant les bons du Trésor américain, car nous pensons que l’assouplissement monétaire de la Fed va se poursuivre et nous apprécions leur rôle de couverture en cas détérioration inattendue du marché du travail. |
Classe d’actifs | Bunds | Signal global / relatif | Sous-pondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sous-pondérons les Bunds car nous pensons que la croissance allemande est sur le point de repartir, dans un contexte de hausse des dépenses budgétaires qui devrait soutenir la croissance jusqu’en 2027. La BCE a laissé entendre qu’elle marquait une pause ; une nouvelle reprise devrait inciter les marchés à anticiper des relèvements de taux dans les années à venir. |
Classe d’actifs | Gilts | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous continuons de surpondérer les Gilts, car nous considérons que les valorisations sont attrayantes, avec une prime budgétaire raisonnable déjà intégrée dans la courbe. Bien que la Banque d’Angleterre (BoE) continue de procéder à un cycle d’assouplissement progressif, les risques baissiers qui pèsent sur l’emploi pourraient accélérer le rythme des baisses de taux. |
Classe d’actifs | JGB
| Signal global / relatif | Neutre | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sommes neutres sur les obligations d’État japonaises. Bien qu’un nouveau relèvement des taux d’intérêt de la Banque du Japon (BoJ) ne soit pas à exclure, nous pensons que l’institution japonaise prendra son temps pour agir, tandis que les coûts de portage de la vente à découvert des JGB sont élevés en raison de la faiblesse du taux directeur de la BoJ. |
Classe d’actifs | Suisse | Signal global / relatif | Neutre | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sommes neutres sur les obligations suisses. Malgré l’atonie de l’économie sur le plan intérieur, les valorisations apparaissent élevées, car le marché intègre la probabilité que la Banque nationale suisse (BNS) ramène ses taux en territoire négatif. |
Classe d’actifs | Crédit mondial | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sommes à présent optimistes à l’égard du crédit à la faveur de l’élargissement récent des spreads. Plusieurs facteurs fondamentaux et techniques soutiennent un resserrement des spreads, notamment de faibles taux de défaut, des relèvements de notations réguliers, la résilience des résultats des entreprises et des afflux de capitaux importants. Le haut rendement asiatique continue d’offrir le profil de rendement/risque le plus attractif. |
Classe d’actifs | Crédit Investment Grade | Signal global / relatif | Neutre | Point de vue d’UBS Asset Management | Les spreads IG restent exceptionnellement serrés, tandis que la solidité des résultats et des bilans contribue à limiter les risques baissiers. Le marché IG américain devra de plus en plus absorber l’offre liée aux besoins de financement des dépenses d’investissement dans l’IA. |
Classe d’actifs | Crédit à haut rendement | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous pensons que les spreads continueront d’évoluer dans une fourchette étroite, dans un contexte de taux de défaut inférieurs à 2 %, de migration continue des notations vers les catégories de qualité supérieure et de quête persistante de rendement. Le haut rendement se négocie désormais avec un coupon moyen proche du Yield to Worst (YTW) actuel, ce qui indique que le cycle de refinancement a probablement passé sa phase la plus difficile. Ensemble, ces facteurs créent un contexte favorable pour des rendements tirés par le portage. |
Classe d’actifs | Dette émergente en devise forte | Signal global / relatif | Neutre | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sommes neutres sur la dette émergente en devise forte, mais nous surpondérons la dette émergente en devise locale, car nous anticipons un raffermissement des devises émergentes. |
Classe d’actifs | Devises | Signal global / relatif | N/A1 | Point de vue d’UBS Asset Management | N/A1 |
Classe d’actifs | USD | Signal global / relatif | Sous-pondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous restons baissiers sur le dollar américain (USD), car nous pensons que les taux américains disposent encore d’une marge de compression par rapport au reste du monde, même si la Fed ralentit son rythme d’assouplissement. De plus, l’USD affiche de nouveau une corrélation négative avec les actions, qui devrait selon nous se renforcer l’année prochaine. |
Classe d’actifs | EUR | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Bien que l’euro (EUR) reste dans une fourchette étroite, nous pensons que les risques sont orientés à la hausse, tandis que la BCE devrait maintenir sa politique inchangée l’année prochaine et que d’autres baisses de taux de la Fed sont anticipées. Nous privilégions également une position longue sur l’euro (EUR) par rapport à la livre sterling (GBP), dans la mesure où les taux britanniques sont susceptibles de baisser après la publication de données de l’emploi décevantes. |
Classe d’actifs | JPY | Signal global / relatif | Sous-pondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous restons sous-pondérés sur le yen (JPY), car nous pensons que les taux d’intérêt restent trop bas au regard de l’inflation et des salaires. Les plans de dépenses initiaux du cabinet de la Première ministre Takaichi laissent entrevoir une politique budgétaire plus expansive, qui risque d’aggraver ce déséquilibre si elle est adoptée dans sa forme actuelle. |
Classe d’actifs | CHF | Signal global / relatif | Neutre | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sommes neutres sur le franc suisse (CHF), dont la valorisation élevée et le faible rendement sont compensés par de solides entrées dans la balance des paiements. |
Classe d’actifs | Devises émergentes | Signal global / relatif | Surpondération | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous privilégions les devises émergentes à fort portage, notamment le réal brésilien (BRL) et le forint hongrois (HUF), deux devises qui offrent des taux d’intérêt réels élevés et des valorisations attractives. |
Classe d’actifs | Matières premières | Signal global / relatif | Neutre | Point de vue d’UBS Asset Management | Nous sommes neutres sur l’or d’un point de vue tactique, car le métal jaune a un comportement de plus en plus volatil et corrélé aux actifs à risque. Cela dit, nous pensons que l’or occupe un rôle stratégique dans les portefeuilles, en tant qu’actif réel, dans un environnement d’inflation toujours élevée et d’explosion des dettes publiques. |

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