Zurich, 19 mai 2026 – Selon une enquête représentative menée par UBS et par l’institut d’études de marché Intervista auprès d’environ 2500 entreprises suisses de tous les segments, l’IA est actuellement utilisée dans six entreprises suisses sur dix.

« De nombreuses entreprises utilisent l’IA, mais peu le font de manière systématique », explique Alessandro Bee, économiste chez UBS. « Seules quelques entreprises intègrent l’IA systématiquement dans tous leurs processus commerciaux – prise de décision, développement de produits, automatisation des processus et service client ». Les petites entreprises utilisent l’IA principalement à des fins d’analyse, tandis qu’auprès des grandes entreprises, l’automatisation des processus commerciaux est l’application la plus citée. Plus le degré de digitalisation d’un secteur est élevé, plus les entreprises qui y opèrent sont adaptées à l’utilisation de l’IA.

Les gains de productivité l’emportent sur le risque de perdre du terrain

En moyenne, les entreprises perçoivent l’IA davantage comme une opportunité que comme un risque. Les entreprises des secteurs fortement digitalisés peuvent réaliser d’importants gains de productivité grâce à l’IA. Toutefois, il existe un risque de se retrouver en retard face à des concurrents qui disposent d’applications IA plus avancées. Malgré cela, les secteurs fortement digitalisés (technologies de l’information et de la communication ainsi que la finance) considèrent l’IA plutôt comme un avantage. Les gains de productivité potentiels sont généralement jugés supérieurs aux risques de disruption.

Les entreprises identifient dans l’IA des opportunités telles que l’automatisation des processus commerciaux, une meilleure prise de décision et l’optimisation de la qualité. S’agissant des risques, les préoccupations principales portent sur la protection des données et sur la sécurité, ainsi que sur la crainte de décisions erronées liées à des algorithmes ou à des données inexactes.

Un tiers des entreprises sans IA

Un peu plus de la moitié des entreprises interrogées souhaitent renforcer leur utilisation de l’IA au cours des cinq prochaines années, ou l’adopter pour la première fois. « Cependant, près d’un tiers de toutes les entreprises n’utilisent pas l’IA aujourd’hui et ne prévoient pas de le faire dans les années à venir », indique Pascal Zumbühl, économiste chez UBS.

« Même si ces entreprises opèrent généralement dans des secteurs peu digitalisés (par exemple les secteurs de la santé et de la culture), elles pourraient perdre en compétitivité si l’IA devenait une technologie fondamentale, à l’image de ce qui s’est produit avec les ordinateurs. » Parmi les principaux freins à l’adoption de l’IA figurent l’inadéquation du modèle d’affaires à l’IA et l’incertitude quant aux bénéfices et au potentiel de cette technologie.

Baisse de l’emploi, mais pas d’effondrement

Dans le débat public, l’IA est souvent associée à la crainte d’une forte baisse de l’emploi. Ces inquiétudes ne sont toutefois pas partagées par les entreprises interrogées. Environ 30% des entreprises suisses qui utilisent actuellement l’IA anticipent une baisse de l’emploi liée à cette technologie, tandis qu’environ 10% prévoient une hausse. Plus de la moitié des entreprises s’attendent à une stabilité de l’emploi. Ce résultat d’enquête est cohérent avec le fait que deux tiers des entreprises déclarent que l’IA contribue à alléger la charge de travail de leurs collaboratrices et collaborateurs. Seules 10% considèrent l’IA comme un substitut aux employés.

Avec l’IA, les exigences lors du recrutement de nouveaux collaborateurs devraient se renforcer. Les entreprises interrogées s’attendent, au cours des cinq prochaines années, à une augmentation des besoins en collaborateurs possédant des qualifications telles que des compétences en informatique, de la créativité, ainsi que des compétences analytiques, sociales, et de leadership. Comme elles anticipent également une baisse de l’emploi, cela implique que les exigences envers les collaborateurs existants vont augmenter. Une exception concerne les compétences en communication et en langues : les entreprises interrogées prévoient ici une demande moindre à l’avenir.

A court terme, le détroit d’Ormuz définit les perspectives

En 2026, le marché du travail suisse devrait être davantage influencé par l’évolution conjoncturelle que par l’IA. Une réouverture prochaine du détroit d’Ormuz entraînerait une normalisation de l'offre mondiale de pétrole au second semestre de l'année, et l’économie mondiale ne subirait qu’un dommage limité. Pour l’économie suisse, UBS prévoit dans ce cas une croissance de 0,7% cette année et de 1,4% l’année prochaine. Le chômage en Suisse ne devrait amorcer un recul qu’au début de l’année prochaine (taux de chômage en 2026 et 2027 : 3,1%).

Si la principale voie de transport de pétrole au monde reste fermée plus longtemps, l’économie mondiale ainsi que l’économie suisse risquent de subir un ralentissement nettement plus marqué – dans le pire des cas, une récession.

Hausse des taux de la BNS peu probable pour le moment

L’inflation en Suisse devrait rester à un niveau relativement bas de 0,6%, malgré la hausse des prix du pétrole. Une économie sous-utilisée et une inflation faible justifient également un taux directeur de la Banque nationale suisse (BNS) de 0%. Une normalisation de la politique monétaire à partir de mi-2027 est possible.

Si le détroit d’Ormuz reste fermé à long terme et que des pénuries d’approvisionnement surviennent, cela augmente davantage les risques de croissance que les risques d’inflation, et donc la probabilité que la BNS abaisse ses taux, selon les économistes.

Pas de nouvelle appréciation du franc

L’appréciation du franc devrait marquer une pause au cours des prochains trimestres. Des taux directeurs américains plus élevés aux Etats-Unis soutiennent le dollar, qui devrait ainsi se maintenir autour de 0,78 face au franc.

Par rapport à l’euro, le franc devrait s’affaiblir si l’économie de la zone euro se redresse et que la confiance dans la monnaie unique se rétablit. Notre prévision d’ici au mois de mars 2027 pour la paire EUR/CHF reste à 0,93.



UBS Switzerland AG

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Économiste, CIO d’UBS GWM
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Pascal Zumbühl
Économiste , CIO d’UBS GWM
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pascal.zumbuehl@ubs.com