Zurich, 10 février 2026 – A la fin de l’automne 2025, le Chief Investment Office (CIO) d’UBS Global Wealth Management (UBS GWM) a interrogé environ 300 entreprises suisses dans le cadre de l’enquête sur les devises d’UBS sur leurs attentes concernant l’évolution de l’économie et des taux de change. Celles-ci anticipent un taux EUR/CHF de 0.91 et un taux USD/CHF de 0.78 à fin 2026.

Les entreprises s’attendent ainsi à une nouvelle appréciation du franc face à l’euro au cours de l’année. En revanche, les économistes d’UBS tablent  sur un euro légèrement plus fort et ils estiment le taux EUR/CHF à 0.95 à la fin de cette année. Cette estimation repose sur l’hypothèse d’une accélération de l’économie allemande en 2026, ce qui soutiendrait l’euro. Si la reprise attendue ne se matérialise pas et que les nombreux risques économiques et géopolitiques persistent, le franc pourrait continuer de s’apprécier en 2026. Dans un scénario négatif, les économistes d’UBS voient l’EUR/CHF à 0.90 à fin 2026.

Ni les entreprises interrogées ni les économistes d’UBS ne s’attendent à une nouvelle forte dépréciation du dollar américain. La prévision moyenne des entreprises pour le taux de change USD/CHF, à 0.78, est proche du niveau actuel et de la prévision d’UBS de 0.79. A court terme, un nouvel assouplissement de la politique monétaire américaine pourrait encore peser sur le dollar. Si la Réserve fédérale américaine (Fed) termine son cycle de baisse des taux au cours de l’année et que la croissance américaine reste robuste, le dollar devrait rester soutenu. Moins de 2% des entreprises s’attendent à un retour du taux USD/CHF au niveau de début 2025, soit 0.90.

Seules quelques entreprises pénalisées par la faiblesse du dollar

Pour la majorité des entreprises interrogées, la forte appréciation du franc par rapport au dollar n’a eu aucun impact, voire a eu  un effet positif. « Cela s’explique probablement par le fait que les Etats-Unis ne constituent le principal marché d’exportation que pour une minorité d’entreprises orientées vers l’export, tandis que les sociétés importatrices profitent même d’un franc fort», explique Florian Germanier, économiste chez UBS. « Pour les exportateurs dont la principale devise de vente est le dollar, le mouvement de change a eu un impact fortement négatif pour la moitié d’entre eux – notamment parce qu’à l’appréciation du franc s’est ajouté une nette hausse des droits de douane américains », ajoute-t-il. Malgré ce fardeau, seuls 11% déclarent que les exportations vers les Etats-Unis ne sont actuellement pas (plus) rentables avec un taux de change de 0.75 à 0.79. Si le taux tombait dans la fourchette de 0.70 à 0.75, près de la moitié de ces entreprises jugeraient les exportations vers les Etats-Unis non rentables.

Perspectives économiques prudentes

Avec la déclaration d’intention conclue à la mi-novembre entre la Suisse et les Etats-Unis, les perspectives de croissance des entreprises suisses se sont légèrement améliorées : la part de celles qui attendent une croissance plus faible en 2026 est passée de plus de 30 à 25%. Les attentes restent toutefois prudentes. Au total, davantage d’entreprises anticipent une croissance plus faible qu’une croissance plus forte en 2026.

Cela rejoint l’avis des économistes d’UBS, qui prévoient pour 2026 une croissance inférieure à la moyenne de 0,9%, faute d’impulsions de la demande extérieure. Au second semestre et en 2027, la reprise de l’économie allemande devrait permettre à l’économie suisse de retrouver sa tendance à long terme. Cependant, la prévision d’UBS pour 2027, à 1,5%, se situe dans le bas de la fourchette estimée pour la croissance tendancielle. « Avec le transfert d’une partie de la production pharmaceutique vers les Etats-Unis dans les prochaines années, le potentiel de croissance de l’économie suisse pourrait également être sous pression », explique Maxime Botteron, économiste chez UBS.

BNS à 0%

Malgré une croissance inférieure à la moyenne et une faible inflation, les économistes d’UBS ne voient aucune raison de baisser le taux directeur de la Banque nationale suisse (BNS) en territoire négatif. Tant les économistes d’UBS que la majorité des entreprises interrogées s’attendent à un taux directeur inchangé de 0%. Si toutefois l’économie suisse devait s’effondrer et que le franc s’apprécie fortement, la BNS recourrait, selon le CIO d’UBS GWM, à des taux négatifs.

Les risques sur le marché des changes devraient rester élevés : environ deux tiers des entreprises s’attendent en 2026 à un risque de change similaire à celui de l’année précédente , tandis qu’un quart anticipe une augmentation des risques. Les événements politiques et géopolitiques sont considérés comme les principaux moteurs de la volatilité du marché. L’environnement économique ou la politique des banques centrales peuvent également entraîner de la volatilité, mais sont moins souvent cités.


UBS Switzerland AG