Peter Gisler, 55 ans, est un expert reconnu dans le domaine du financement à l’exportation. Il connaît à la fois le point de vue des industriels et celui des banques qui les financent.

UBS impulse: Peter Gisler, vous êtes le nouveau directeur de l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation SERV depuis janvier 2017. Auparavant, vous avez travaillé de nombreuses années dans le privé. Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce nouveau poste?

À 55 ans, j’avais besoin d’un nouveau défi professionnel. Compte tenu de mon savoir-faire technique et des nombreuses expériences que j’ai pu accumuler chez ABB à l’exportation internationale et dans le secteur bancaire, j’étais prédestiné pour cette mission.

Quel est le rôle de l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation SERV?

Nous aidons les entreprises suisses à éviter les défauts de paiement et les problèmes de liquidités liés à l’exportation.

Une organisation nationale est-elle nécessaire à ce stade?

La Suisse n’est pas un cas isolé: presque tous les pays industrialisés ont un organisme d’assurance-crédit à l’exportation. Les entreprises locales sont alors mieux placées pour vendre leurs produits et services dans des pays vers lesquels elles n’exporteraient probablement pas sans le soutien de l’État. L’objectif final est toujours de protéger l’emploi en Suisse.

Où se cachent les plus grands dangers?

Les transactions internationales comportent une multitude de risques et d’obstacles auxquels doivent faire face les entreprises exportatrices.

«Certains exportateurs sont contraints par leurs clients à accepter des délais de paiement plus longs.»

Peter Gisler, directeur SERV

Un exemple?

Les risques de paiement évoqués plus haut ou la bureaucratie liée à l’exportation. La conclusion d’un contrat en soi est souvent compliquée et la concurrence internationale ne reste pas les bras croisés. Ainsi, certains exportateurs sont victimes de pressions de la part de leurs clients, notamment pour accepter des délais de paiement plus longs. Les entreprises risquent alors de manquer de liquidités.

En quoi la SERV est-elle utile dans ce contexte?

En assumant le risque pris par l’exportateur de ne pas être payé à temps ou de ne pas l’être complètement pour des marchandises livrées à l’étranger.

Quelles sont les autres prestations que vous proposez?

Quand la production d’une vente à l’exportation ne peut pas être financée à l’aide de fonds propres ou, dans l’hypothèse d’une aide bancaire, sans garanties supplémentaires de la part de l’exportateur, ou bien lorsque l’exportateur doit fournir une garantie bancaire à ses clients étrangers, la SERV peut aider à réunir les moyens financiers nécessaires via une assurance ou une garantie.

Comment la demande a-t-elle évolué au cours des dernières années?

Les transactions à assurer sont de plus en plus complexes et doivent répondre à des exigences toujours plus élevées. C’est pourquoi nous enregistrons une hausse générale des demandes de conseil expert.

Dans quels secteurs vos clients opèrent-ils?

Principalement dans le secteur ferroviaire, la construction mécanique, la production et la distribution d’électricité, mais aussi dans le secteur chimique et pharmaceutique. Cela dit, nous assurons également les prestations fournies par les entreprises suisses à leurs clients étrangers.

Aidez-vous également les PME?

Absolument! Bien souvent, les PME n’ont pas de spécialistes à l’exportation, c’est pourquoi nos conseillers clientèle apportent une aide particulièrement précieuse à ces entreprises. C’est un élément crucial quand il s’agit de prospecter de nouveaux marchés ou d’aborder une très grosse commande, car un défaut de paiement peut très rapidement menacer la survie d’une entreprise.

À qui s’adressent les services de la SERV?

À toutes les entreprises installées en Suisse. Aucune exigence n’est formulée quant à la taille minimum de l’entreprise ou au type de vente qu’il s’agit d’assurer. De même, il n’y a pas de restrictions relatives au secteur d’activité, aux marchandises ou aux prestations. swiss export: le savoir ouvre des débouchés