«Profiter d’un feed-back honnête et franc.» Stefan Bingisser est Relationship Manager Multinationals à UBS Suisse depuis 2008. Il dispose d’une expérience de plus de 25 ans dans les transactions stratégiques et la gestion de la relation client avec des grands comptes. Photo: Peter Stähli

Monsieur Bingisser, vous êtes très engagé dans la promotion de l’entrepreneuriat en Suisse depuis de nombreuses années. En quoi cela vous fascine-t-il?

La plupart des entreprises suisses sont très innovantes et bon nombre d’entre elles s’adaptent bien, voire très bien, à l’évolution du marché et des conditions économiques. Les années passent et je continue de découvrir de véritables perles, quasiment inconnues de l’économie suisse. C’est l’occasion pour moi de rencontrer des chefs d’entreprise très intéressants et d’échanger avec eux. C’est d’ailleurs ce qui me fascine le plus.

Quels sont pour vous les principaux facteurs de succès de la stratégie de croissance d’une PME?

Il faut tout d’abord disposer d’un plan d’affaires clair et opter pour une mise en œuvre intelligente. Après, il s’agit bien sûr aussi d’harmoniser la stratégie de croissance avec des paramètres de caractère général tels que l’infrastructure, les ressources et l’environnement, la régle­mentation, le contexte économique, l’interdépendance avec l’étranger, les valeurs de l’entreprise, l’environnement de recherche, les collaborateurs et leurs qualifications ou encore les conditions de financement.

Quel est l’intérêt de faire examiner les plans de croissance par une équipe neutre d’experts et d’entrepreneurs?

Les jeunes entrepreneurs peuvent beaucoup apprendre du feed-back franc et honnête de cette équipe interdisciplinaire composée de spécialistes chevronnés. Mais les entreprises bien établies peuvent elles aussi tirer profit d’une évaluation critique régulière de leur projet, par exemple lorsqu’elles développent un nouveau produit ou souhaitent conquérir de nouveaux marchés. En outre, les réseaux des membres de l’équipe offrent aux entrepreneurs une multitude d’opportunités pour faire évoluer leur société.

De quels avantages une entreprise ayant reçu le label «SEF.High-Potential PME» et déposé une demande de financement auprès d’UBS bénéficie-t-elle?

Elle obtient un accès direct à nos spécialistes, dont le savoir-faire, au même titre que le financement, constitue un avantage important. D’autant que nos spécialistes posent parfois des questions inattendues, qui amènent les entrepreneurs à réfléchir et peuvent déboucher sur des solutions surprenantes, mais non moins pragmatiques.

Quels critères une entreprise doit-elle remplir pour obtenir les capitaux de tiers nécessaires au financement de sa croissance?

Le tout premier critère, comme je l’ai déjà dit, consiste en un plan d’affaires clair. Ensuite, l’entreprise doit réaliser son chiffre d’affaires avec plusieurs clients, lequel chiffre d’affaires doit correspondre au plan d’affaires. C’est pour nous un indice que l’entreprise peut réaliser un cash-flow positif dans un laps de temps prévisible de douze mois environ.

«Nos spécialistes posent aussi des questions inattendues, qui peuvent déboucher sur des solutions surprenantes.»

Quel bilan tirez-vous de l’initiative «Croissance des PME» deux ans après son lancement?

Comme c’est souvent le cas quand on met sur pied quelque chose de nouveau, nous avons pu constater qu’il a fallu plus de temps et de ressources que prévu pour mettre en place «Croissance des PME». Parmi les premières entreprises que nous avons suivies, bon nombre d’entre elles se sont développées de manière impressionnante. Il y en a d’autres par contre qui n’ont pas évolué conformément à leur business plan. Mais ce n’est pas très grave. Le plus important, c’est que les bases et les business plans concernés ont été remaniés et les moteurs de croissance ainsi que les points déterminants pour les plans d’affaires clairement identifiés. Cela a permis aux entreprises ayant connu une évolution particulièrement négative de réagir rapidement et de procéder aux ajustements nécessaires en temps voulu.