Peter Balsiger a lui-même mené une entreprise au succès et participe depuis plus de sept ans à la croissance de l’économie suisse en tant qu’expert, investisseur et administrateur. Photo: Thomas Knecht

 

Quelle est selon vous la valeur ajoutée de l’initiative de croissance SEF4KMU?

La valeur ajoutée apportée par le label de qualité «SEF.High-Potential PME» se décline sur quatre niveaux. Au premier niveau, celui de la direction stratégique avec l’actionnariat et le conseil d’administration, l’entreprise bénéficie d’un avis extérieur et indépendant sur la stratégie planifiée. Au deuxième niveau, à savoir la direction opérationnelle, le directoire ou le CEO reçoit un feed-back approfondi et indépendant, d’entrepreneur à entrepreneur, sur les chances de succès de ses projets pour l’entreprise. Au troisième niveau, celui du marché, le client bénéficie, grâce au «SEF.High-Potential PME», d’une «évaluation» neutre et indépendante de son entreprise qui lui donne confiance et lui permet d’accroître sa compétitivité. Enfin, et c’est le quatrième niveau, une valeur ajoutée est aussi apportée à l’économie dans son ensemble. Car une économie qu’il est possible de tester et de mesurer à l’aune de facteurs de succès éprouvés est toujours plus dynamique qu’une économie qui se laisse porter par une tendance générale.

Comment préparez-vous une visite d’entreprise avec l’équipe d’experts interdisciplinaire?

L’équipe du Swiss Economic Forum se charge de réunir les documents nécessaires avec l’entreprise concernée et de les mettre à notre disposition au préalable. En fonction de la branche et du segment de produit, les experts se préparent à la visite de manière individuelle en effectuant des recherches sur Internet ou en procédant à des clarifications. Ils sont donc très bien préparés lorsqu’ils arrivent dans l’entreprise.

Quels sont les facteurs qui, d’après votre longue expérience d’entrepreneur, sont toujours des gages de succès?

En lançant un produit répondant encore mieux aux besoins des clients que ceux de la concurrence, une entreprise peut s’assurer un bel avenir. Mais encore faut-il que le client entende parler de cette entreprise. La stratégie de distribution et la communication font donc partie des clés du succès. Un autre facteur de succès réside dans le principe du «design to cost». Pour développer un produit conforme aux exigences du marché au meilleur prix possible, l’entreprise doit se fixer une limite de prix dès la phase de conception. Prôné par Henry Ford dans les années 1900 à 1930 pour l’industrie automobile, ce principe est plus actuel que jamais.

«En étant expert au SEF, je peux rendre à la communauté une partie de ce dont j’ai pu profiter en Suisse.»

Le succès dépend aussi de l’équipe et de la complémentarité des membres de la direction. Le propriétaire de l’entreprise et les membres du conseil d’administration doivent avoir une vision claire, une expérience de la direction et des objectifs précis. Tous les maillons de l’entreprise et leurs tâches respectives doivent s’intégrer dans une structure organisée. Une entreprise a aussi besoin d’un management axé sur les objectifs et d’un système de contrôle qui permette de mettre en place des mesures de pilotage et de correction. Enfin, pour faire tourner une entreprise, il faut du «carburant», c’est-à-dire des capitaux suffisants utilisés à bon escient. Ce sont tous ces éléments qui permettent de lancer la machine et qui, combinés avec le capital réinjecté par les clients, la maintiennent en état de marche.

Vous vous engagez corps et âme pour la promotion de l’entrepreneuriat en Suisse. Pourquoi?

Avec son système de formation dual, la Suisse m’a permis d’acquérir des connaissances solides et de bénéficier de possibilités d’épanouissement. J’aime mon pays, un pays où j’ai pu, dès l’enfance, explorer et développer mes talents et aptitudes, notamment dans la maison de mes parents. Ce sont autant de coups de pouce qui m’ont aidé dans la vie. En étant expert au SEF, je peux rendre à la communauté une partie de ce dont j’ai pu profiter.