Conseils d’experts Succession réussie? Les facteurs critiques.

Une succession d’entreprise fructueuse est tributaire de démarches initiées à temps ainsi que d’un accompagnement professionnel.

par UBS 11 juin 2019

Même le plus prospère des entrepreneurs n’est pas à l’abri des imprévus, comme une maladie ou un accident grave. Dans de tels cas, une action rapide s’impose. Une passation de pouvoir en bonne et due forme exige en revanche une préparation adéquate.

«Quand nous demandons s’il existe un plan concret pour la succession ou la cession, on nous répond souvent par la négative», explique Eleonora Del Fante Ferrario, conseillère clients professionnels chez UBS. «Cela n’apparaît souvent que lorsque nous menons des discussions sur la nouvelle stratégie avec le CEO ou les actionnaires», ajoute Stéphane Lienhard, qui encadre les clients professionnels en Suisse romande. «Lors de nos contacts réguliers avec les entreprises, nous nous intéressons non seulement aux affaires courantes, mais également à la planification à long terme», souligne Catherine Rukavina, qui dirige l’équipe Wealth Planning dans les régions de Suisse orientale et du Tessin. «Il en découle généralement un dialogue stratégique qui nous permet d’élaborer conjointement des perspectives à long terme. À cet égard, des questions clés concernant les rôles des propriétaires ou du CEO en rapport avec une éventuelle cession ou vente de l’entreprise surgissent automatiquement.»

Quand nous demandons s’il existe un plan concret pour la succession ou la cession, on nous répond souvent par la négative.

Eleonora Del Fante Ferrario

Ce dialogue stratégique, qui n’est pas nécessairement censé aboutir à une cession de l’entreprise, fait appel à une équipe de spécialistes issus de plusieurs domaines spécialisés de la banque. «En fonction de la situation, nous sollicitons des experts en financement, des spécialistes en marchés capitaux, des professionnels de l’immobilier, des gestionnaires de fortune ou encore des conseillers en vente d’entreprises», ajoute Stéphane Lienhard. «Mais il n’existe pas de cas typique – chaque succession est unique et exige aussi bien une solution spécifique sur mesure qu’un accompagnement individuel.»

Conseils d’experts

1. Prévoyez

Chaque entrepreneur devrait bien se préparer pour faire face aux événements imprévus. En effet, ces derniers sont souvent l’occasion pour se pencher de plus près sur l’avenir de l’entreprise. Dans ce contexte, nous conseillons d’aborder à temps les thèmes, comme les contrats de succession, les mandats pour cause d’inaptitude ou encore une directive anticipée.

2. Définissez une stratégie de propriétaire claire

Les solutions de succession viables se fondent sur une idée claire des objectifs et du futur rôle de la famille d’entrepreneurs. L’entrepreneur ou la famille d’entrepreneurs doivent décider judicieusement quels intérêts financiers et moraux prioriser.

Cession interne ou externe?

Grâce à son savoir-faire, UBS est en mesure d’apporter son soutien dans tous les domaines. Chaque entrepreneur possède un parcours unique et il est essentiel de trouver la meilleure solution pour assurer son avenir. Trois options se profilent à cet égard: la cession de la société au sein de la famille (FBO, family buy-out), la vente au management actuel ou à une nouvelle direction (MBO, management buy-out) ou la vente de la société à des investisseurs financiers ou à une autre entreprise dans le cadre d’une transaction de reprise (M&A, merger & acquisition).

La procédure concrète n’est pas toujours évidente. Selon les spécialistes UBS, il existe bon nombre d’embûches. Outre l’absence de stratégie pour le futur, on note la fréquente négligence des préparatifs. D’autres difficultés résident dans le refus du propriétaire de céder son entreprise et la responsabilité en temps voulu, la précarité des solutions liée au manque de ressources ou encore la qualification insuffisante des successeurs.

Âge d’entrée: 50 ans

«Idéalement, le processus débute quand le propriétaire actuel atteint la cinquantaine», affirme Eleonora Del Fante Ferrario, conseillère à la clientèle. «De quoi offrir au propriétaire le temps nécessaire pour préparer soigneusement son entreprise à la cession ultérieure et lui permettre de se pencher sur la solution de succession optimale de façon approfondie.» Cette démarche peut s’étendre sur plusieurs années. «Si une restructuration juridique s’y ajoute, elle doit être initiée au moins cinq ans avant la cession, pour des raisons légales», souligne Catherine Rukavina.

Le processus devrait débuter quand le propriétaire actuel a la cinquantaine.

Eleonora Del Fante Ferrario

En cas de décès soudain ou d’une maladie grave du propriétaire, il existe également des procédures éprouvées. À ce titre, il est crucial de transmettre rapidement les responsabilités à une autre personne au sein de la direction. «Les entreprises, selon leur taille et raison sociale, disposent d’une réglementation de représentation qui assure la pérennité des affaires», explique Catherine Rukavina. «Selon le cas de figure, les propriétaires sont représentés par les héritiers ou l’exécuteur testamentaire, que nous soutenons également dans le cadre de la solution successorale.»

Pour un entrepreneur, un événement imprévu constitue souvent l’occasion pour se pencher de plus près sur l’avenir de son entreprise et s’y préparer en conséquence. Les thèmes, comme les contrats de succession ou les testaments, peuvent également intervenir dans le cadre de cet état des lieux exhaustif.

Conseils d’experts

3. Planifiez votre succession à temps

Les entrepreneurs responsables veillent à planifier et mettre en œuvre leur succession le plus tôt possible. Ils sont conscients qu’une planification tardive peut mettre à mal le déroulement dans son ensemble et accroître les risques. Les questions liées à la succession sont souvent ignorées ou refoulées, généralement pour des raisons davantage émotionnelles que factuelles.

4. Évaluez plusieurs options stratégiques

Les solutions de succession alternatives comportent des avantages et des inconvénients pour l’entreprise et la famille d’entrepreneurs. En vous fondant sur la stratégie de propriété choisie, il s’agit d’évaluer méticuleusement toutes les options envisageables, sans se fixer trop prématurément ou trop intensivement sur l’une ou l’autre.

5. Réglez la succession à l’amiable

Une succession mûrement réfléchie respecte à la fois les intérêts de l’entreprise et ceux de la famille d’entrepreneurs. Des solutions équilibrées se profilent quand les conflits d’intérêts émotionnels et financiers font l’objet d’une discussion neutre et sont réglés à l’amiable dans la famille, au profit de l’entreprise.

Changement de perspective nécessaire

La démarche exige une bonne dose de flair en plus des connaissances spécialisées, notamment quand le propriétaire, qui a développé l’entreprise et l’a gérée avec succès pendant des années, ne parvient pas à se séparer de l’œuvre de sa vie. «En règle générale, un changement de perspective et la distance nécessaire par rapport aux affaires quotidiennes s’imposent», résume Catherine Rukavina. Dans le cadre d’une planification globale, ce changement de point de vue sur les besoins de prévoyance privés de l’entrepreneur soulève souvent des questions concernant les revenus nécessaires à l’avenir, ainsi que la gestion des autres actifs liés à l’entreprise.

Ce type de clarification met en exergue la valeur de l’entreprise. «En fonction de la situation, les parties impliquées ont des conceptions diamétralement opposées à propos du prix de vente ou de la valeur de l’entreprise», explique Stéphane Lienhard. «Et l’aspect émotionnel joue un rôle considérable.» Les spécialistes de la banque évaluent alors une valeur «équitable». «À ce titre, il s’agit de concilier les besoins du propriétaire actuel et les intérêts des autres parties», dévoile Catherine Rukavina.

Selon la situation, les parties ont des conceptions diamétralement opposées.

Stéphane Lienhard

Dans un cas de figure idéal, la diligence raisonnable et le passage de pouvoir s’opèrent sans accroc. «Souvent, un événement rassemblant tous les principaux intéressés est organisé pour sceller la passation de pouvoir», indique Eleonora Del Fante Ferrario. «La vente met un terme au rôle actuel du propriétaire. Ce qui ne met aucunement un terme à l’encadrement client par UBS, mais fait appel aux conseillers de la clientèle privée», ajoute Catherine Rukavina. «Une fois l’ensemble du processus achevé, nous sollicitons des témoignages des personnes impliquées», révèle Stéphane Lienhard. «On comprend ici que le fait de s’intéresser précocement au processus de succession et de collaborer avec les conseillers appropriés ne peut que profiter à l’entrepreneur.»

Conseils d’experts

6. Évaluez la valeur de l’entreprise du point de vue du successeur

La valeur de votre entreprise est déterminée en grande partie par le niveau de rentabilité et le flux de trésorerie librement disponible à l’avenir. Un successeur ou acheteur peut uniquement payer un prix justifiable et finançable sur la base de ses propres attentes futures.

7. Assurez la fortune familiale et la prévoyance

La gestion de fortune et la prévoyance vieillesse s’inscrivent dans une perspective à long terme. Commencez à investir la fortune privée très tôt, en veillant aux risques et au rendement, et séparez-la du patrimoine professionnel. Une solution de succession familiale réfléchie doit notamment garantir que tous les héritiers soient traités sur un pied d’égalité et compensés dans le cadre légal prescrit.

À qui appartient quoi?

«Un esprit d’équipe prononcé et une approche analytique ont fait leurs preuves», résume Eleonora Del Fante Ferrario de son expérience. Il en résulte un encadrement global où les aspects clés sont évalués par plusieurs experts afin d’élaborer la meilleure solution. «Il faudrait par ailleurs tirer profit des opportunités découlant de la séparation de la fortune privée et celle de l’entreprise, ainsi que de la planification de la prévoyance», recommande Catherine Rukavina. Bon nombre d’entreprises ont précisément omis de fixer des limites claires à ce niveau, ce qui rend encore plus complexe une bonne gestion de la prévoyance et de la fortune.

La séparation entre les patrimoines privé et professionnel constitue une importante mesure financière en vue d’une succession.

Catherine Rukavina

Les experts

La succession dans l’entreprise soulève des questions opérationnelles, juridiques, financières et fiscales complexes, dont il n’est pas toujours aisé d’évaluer l’interdépendance. Voilà pourquoi, chez UBS, des spécialistes expérimentés travaillent toujours main dans la main et assurent une amélioration significative de la qualité du conseil grâce à cette approche globale.

Photo: Nik Hunger

Catherine Rukavina dirige l’équipe Wealth Planning dans les régions de Suisse orientale et du Tessin. Elle conseille les clients et les soutient en matière juridique, fiscale et opérationnelle. Ses activités se focalisent sur l’élaboration de solutions optimales pour tous.

Photo: Valeriano Di Domenico

Eleonora Del Fante Ferrario gère des patrimoines privés d’entrepreneurs et de leur famille au Tessin. Grâce à ses échanges constants avec les conseillers clientèle respectifs, ses clients bénéficient d’un conseil exhaustif. L’établissement d’une relation de confiance avec ses clients lui tient à cœur.

Photo: Valeriano Di Domenico

Stéphane Lienhard encadre les clients professionnels en Suisse romande. Il conseille les clients au niveau stratégique pour la gestion financière de l’entreprise. Son secteur englobe les stratégies financières des fondateurs de PME et le dynamisme de l’économie suisse.

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