Et pourtant, les influenceur-euse-s peuvent-il-elle-s vraiment mener la belle vie en Suisse? Les influenceur-euse-s gagnent en principe 1% du nombre de leurs followers en francs. Du moins, c’est ce que l’on croit. Cependant, c’est plus compliqué que cela. D’après Tanja Herrmann, fondatrice de l’agence de marketing d’influence WebStages, les contreparties fluctuent, pour 5000 followers, entre CHF 150 et CHF 2000 pour un post sponsorisé en Suisse. Mais même les personnes qui n’ont que 1500 abonné-e-s peuvent déjà espérer à être rémunérées. Tanja Herrmann estime qu’en Suisse, environ 10% des créateur-rice-s de contenus peuvent vivre de leur seule activité d’influenceur-euse-s.

Les influenceurs et les influenceuses suisses qui ont le plus d’abonné-e-s (Instagram)

  • Dean Schneider: 10 082 000
  • Nicocapone: 7 731 000
  • Pamela Alexandra: 5 604 000
  • Loredana: 3 127 000

Statista, Juin 2022

Tandis que les plus gros-se-s influenceur-euse-s d’Instagram se dorent la pilule sur des yachts, font leur gymnastique sur des tapis de yoga sertis de diamants et rendent accessoirement le monde meilleur, les influenceur-euse-s suisses paraissent avoir davantage les pieds sur terre. Pour devenir riche avec ses posts, il faudrait réussir à percer à l’échelle internationale. «On peut certainement en vivre correctement en se limitant au marché suisse. Toutefois, pour devenir riche, il faudrait se constituer une communauté à l’international. Si, par exemple, certains souhaitent s’établir en Allemagne, ils doivent considérer que l’Allemagne est neuf fois plus grande et qu’ils y auront, dès lors, neuf fois plus de concurrence», explique Tanja Herrmann.

Tout-e créateur-rice de contenu a forcément eu droit à un moment donné au reproche selon lequel les influenceur-euse-s sont un mauvais exemple à suivre. Toutefois, la réalité est parfois quelque peu différente ici aussi, mais les apparences peuvent être trompeuses. La plupart des influenceur-euse-s auxquel-le-s les médias accordent leur attention n’ont souvent que très peu de choses en commun avec la réalité du marché des influenceur-euse-s. La plupart des influenceur-euse-s les plus médiatiques ne sont pas représentatif-ve-s du quotidien de l’ensemble de l’activité. «Tous ceux qui soutiennent des organisations caritatives, encouragent leur communauté à aller voter ou attirent l’attention sur des sujets sociaux importants ne trouvent que très rarement la faveur de la presse», poursuit-elle.

Une carrière d’influenceur-euse

Tanja Herrmann conseille à toutes les personnes qui veulent se lancer dans la carrière d’influenceur-euse de ne pas se laisser décourager par des commentaires négatifs. «Cependant, il ne faut pas non plus oublier qu’être influenceur, c’est aussi être entrepreneur. Cela ne requiert pas seulement de la créativité, mais aussi beaucoup de discipline, de régularité sur le long terme, un certain talent commercial et une affinité technique pour pouvoir rester en phase avec les nouveautés sur les médias sociaux, voire sur son propre site. Eh oui, être influenceur, c’est bien plus de travail que ça ne laisse paraître.»

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