Hannes Weibel, Photo: UBS

En matière de prévoyance professionnelle, Hannes Weibel et son équipe proposent davantage que l’offre bancaire classique dans ce domaine (infrastructure, placements). Par le biais d’une collaboration transsectorielle dans le conseil-prévoyance des PME, ils offrent une véritable plus-value aux caisses de pension autonomes, aux organismes collectifs et communautaires et aux assurances complètes. Nous nous entretenons avec lui au sujet du marché et de la rapidité avec laquelle les exigences des fondations collectives et celles à leur égard ont évolué.

Hannes Weibel, comment se développe le marché de la prévoyance professionnelle en Suisse?

Chacun des trois marchés partiels est en pleine mutation. C’est pour les caisses de pension autonomes, où la consolidation soutenue devrait perdurer, que la situation est la plus claire. Chaque année, une centaine de caisses autonomes disparaissent, principalement parce qu’elles sont trop petites pour subsister. Ces caisses de prévoyance s’affilient généralement à une fondation collective.

Qu’en est-il des assurances complètes?

En 2018, Axa – le deuxième plus grand prestataire – a annoncé qu’il renonçait à proposer des assurances complètes. Les spécialistes ont prédit un effet de domino, s’attendant à ce que d’autres assureurs suivent le pas. Mais cela n’a pas été le cas jusqu’ici, au contraire: Swiss Life, Allianz Suisse, Bâloise, Helvetia et Pax revendiquent explicitement l’assurance complète. Les plus de 40 000 PME assurées chez Axa ont été moins nombreuses à s’affilier à une fondation collective qu’escompté. À l’opposé, durant le premier trimestre 2019, Swiss Life a enregistré une augmentation de 3,2 milliards de francs en primes et en dépôts de prévoyance professionnelle par rapport à l’année précédente. De quoi illustrer clairement la demande durablement élevée en solutions d’assurance complète.

Les trois modèles ont tous leurs avantages et leurs inconvénients.

Hannes Weibel

La tendance n’est-elle pas aux fondations collectives malgré tout?

Dans un sens, oui. Ce segment progresse et profite le plus des développements qui touchent les autonomes et les assurances. En revanche, leurs affaires sont devenues plus complexes, parce que les clients exigent des solutions plus individuelles ainsi qu’une meilleure information. Les fondations collectives sont vouées à la croissance; elles ont besoin d’effets d’échelle pour rester profitables malgré les charges accrues, la faiblesse des taux d’intérêt et les offres personnalisées. Voilà pourquoi ce marché en plein essor est de plus en plus en proie à une concurrence d’éviction. Je pars du principe que, dans cinq ans, les fondations collectives seront elles aussi moins nombreuses mais plus grandes, comme c’est le cas aujourd’hui aux Pays-Bas, notamment.

Cela signifie-t-il que l’adhésion à une fondation collective est la meilleure solution pour une PME?

Pas du tout! Les trois modèles ont tous leurs avantages et leurs inconvénients. Pour une start-up, par exemple, l’assurance complète est vraisemblablement la solution optimale. Et pour les grandes entreprises, une caisse de pension autonome demeure très attrayante. Ce qui importe est que les PME examinent régulièrement leur prévoyance professionnelle et l’adaptent au cycle de vie de l’entreprise. Au bout du compte, on peut dire que les fondations collectives et les organismes communautaires constituent l’option de prévoyance professionnelle idéale pour la plupart des PME suisses.

L’offre d’UBS pour les institutions de prévoyance.

  • Soutien exhaustif en matière de stratégie, de tactique et de mise en œuvre des placements ainsi que prestations d’infrastructure
  • Développement de solutions et de concepts de placement individuels
  • Conseil-prévoyance dans les domaines suivants:
    1. Prévoyance professionnelle (LPP) pour PME
    2. Prévoyance surobligatoire (1e)
    3. Libre passage (LP)
  • Soutien à la commercialisation (p. ex. manifestations, e-channels)
Informations complémentaires

Comment une PME trouve-t-elle la fondation collective appropriée?

C’est à ce niveau que nous intervenons par notre conseil. En premier lieu, nous analysons la situation ainsi que les besoins et les exigences de l’entreprise en matière de 2e pilier. Sur la base de ce profil, nous recherchons alors les prestataires répondant aux critères et soumettons au client au moins trois propositions. En fonction de sa décision, nous demandons alors des devis ou convenons d’une présentation. Une démarche similaire s’applique aux caisses de pension autonomes ou aux entreprises pleinement assurées qui souhaitent changer pour une fondation collective.

Votre conseil est-il véritablement neutre et indépendant?

Oui. Et ce, dans notre propre intérêt! Premièrement, la PME est cliente de notre banque. Un conseil peu sérieux nous porterait donc préjudice également. Deuxièmement, nous entretenons des relations commerciales avec environ 80% de toutes les fondations collectives suisses. Une recommandation partiale ferait donc certes la joie d’une fondation collective isolée, mais contrarierait toutes les autres. Par ailleurs, les PME nous rémunèrent pour notre conseil; nous ne touchons ni provisions ni commissions équivalentes de la part des institutions de prévoyance.

Elles exigent des solutions flexibles et personnalisables, contrairement aux prestations ‘universelles’.

Hannes Weibel

Les fondations collectives en profitent-elles également?

Bien sûr, et ce, à plusieurs niveaux. D’une part, parce que nous leur assurons de nouvelles affiliations et leur permettons ainsi de croître. D’autre part, UBS ne dispose pas de ses propres fondations collectives – de quoi nous engager en faveur du client dans ce domaine. Et finalement, parce que nos entretiens-conseils nous en disent plus sur les besoins des PME en matière de 2e pilier et nous permettent de constater qu’ils ne sont pas tous comblés. Nous pouvons ainsi suggérer aux fondations collectives comment optimiser leurs offres et mieux les harmoniser avec les besoins de leurs clients.

Dans quelle mesure les besoins des caisses de prévoyance des PME ont-ils évolué?

Premièrement, elles exigent des solutions flexibles et personnalisables, contrairement aux prestations «universelles». Deuxièmement, elles souhaitent également pouvoir individualiser davantage la part surobligatoire. Et troisièmement, le besoin d’information des destinataires a changé. Ils exigent davantage d’informations, plus détaillées et surtout plus actuelles concernant leur capital de prévoyance. Cette pression venant de la base ne doit pas être sous-estimée. Si elle est suffisamment forte, la caisse de prévoyance optera pour un fournisseur qui satisfait à ses besoins.

Les exigences à l’égard des fondations collectives s’intensifient donc également?

Exactement. Et ce, aussi bien en termes de coûts et de rendement qu’au niveau infrastructurel. Il y a une grande différence entre la publication annuelle d’un rapport financier à l’intention des destinataires et le développement et l’entretien d’une plateforme en ligne permettant à 50'000 destinataires de s’informer en temps réel.

Le véritable défi ne réside pas dans le choix du modèle pour le 2e pilier.

Hannes Weibel

Quel est l’impact pour UBS?

Restons-en à la plateforme en ligne. Pour l’exploiter, la fondation collective nécessite les données journalières concernant la totalité de ses actifs immobilisés. Pour que notre infrastructure puisse fournir ces données, il nous faut des solutions de dépôt de premier choix, des interfaces flexibles et plus encore. Un autre exemple: dans les faits, les fondations collectives auraient besoin de leur propre département de recherche afin de répondre au besoin d’information de leurs adhérents et destinataires. Mais seule une minorité en a la volonté et, surtout, les moyens. Voilà pourquoi nous leur proposons notre recherche comme produit en marque blanche. Et, bien entendu, nous soutenons également les fondations collectives dans le domaine des placements, afin qu’elles puissent répondre au besoin d’individualisation à l’aide de modules combinables de manière flexible – sans pour autant renoncer aux effets d’échelle ou accroître la charge administrative.

Quelle conclusion en tirez-vous et quels développements attendez-vous?

Le véritable défi ne réside pas dans le choix du modèle pour le 2e pilier. Il s’agit plutôt d’adapter urgemment les trois piliers aux changements démographiques et à l’évolution des modèles de travail, ce qui exige d’authentiques réformes ralliant la majorité.

Nous vous remercions pour l’entretien.

À propos de Hannes Weibel

En sa qualité de «Head IC Insurance and Collective & Communal Pension Funds», est responsable, avec son équipe, de l’encadrement des plus grands groupes d’assurances suisses. Il dirige les segments Fondations collectives et Assurances et garantit la qualité des connaissances spécialisées nécessaires à la prise en charge des clients de ces deux segments au sein d’UBS Suisse. Il est en outre responsable du conseil en prévoyance professionnelle. Hannes Weibel travaille dans le secteur clientèle professionnelle d’UBS depuis plus de quinze ans et a également exercé à Hong Kong pendant plusieurs années.

Hannes Weibel est économiste d’entreprise HES et titulaire d’un MBA de l’Université de Chicago, Booth School of Business.

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