
Au-delà du conflit au Moyen-Orient, un autre thème qui concentre actuellement l’attention des investisseurs est l’intelligence artificielle (IA). D’un côté, le S&P 500 a rebondi ces derniers temps grâce à la solide performance des méga-capitalisations à la pointe de l’IA. De l’autre, les médias évoquent de plus en plus le risque d’une baisse massive de l’emploi du fait de l’IA. Mi-mai, la revue TheEconomist a publié en une un article intitulé «Préparez-vous à une vague massive de suppressions d’emplois due à l’IA».
Quelle est la position de la Suisse vis-à-vis de l’IA?
En coopération avec le cabinet de conseil Intervista, UBS a mené une enquête représentative auprès de quelque 2500 entreprises suisses issues de l’ensemble des secteurs pour déterminer la manière dont elles utilisent actuellement l’IA et l’impact de cette technologie sur le milieu des affaires et le marché de l’emploi.
L’essentiel tout d’abord: La crainte de voir l’IA entraîner une réduction massive de l’emploi n’est pas partagée par les entreprises interrogées. Environ 30% des sociétés suisses qui utilisent actuellement l’IA anticipent effectivement une diminution de l’emploi du fait de l’IA. Cependant, plus de la moitié des entreprises tablent sur le maintien de l’emploi en l’état, et environ 10% s’attendent même à une augmentation de l’emploi grâce à l’IA.
60% des entreprises suisses utilisent l’IA
Selon l’enquête, les entreprises suisses adoptent l’IA largement et de façon accélérée. Actuellement, six entreprises sur dix utilisent l’IA. Les petites entreprises y ont recours essentiellement à des fins d’analyse, tandis que chez les grandes entreprises, l’application la plus courante est l’automatisation de leurs processus. Toutefois, un nombre infime d’entreprises utilisent l’IA systématiquement dans l’ensemble de leurs processus. Il existe encore une marge de croissance. Les trois quarts des entreprises qui ont actuellement recours à l’IA prévoient d’élargir son utilisation dans les années à venir.
La plupart des sociétés suisses considèrent l’IA comme une opportunité, notamment pour automatiser leurs processus, améliorer leur prise de décisions et optimiser la qualité. Ainsi, l’IA devrait, au bout du compte, rendre les entreprises suisses plus productives et plus compétitives, ce qui bénéficiera non seulement à l’économie, mais aussi aux investisseurs.
Les investisseurs peuvent tirer parti des nouvelles technologies
Les bénéficiaires des gains de productivité sont non seulement les entreprises qui appliquent l’IA, mais également celles qui fournissent les produits et les services indispensables à son utilisation. Toutefois, les opportunités d’investissement dans ce domaine en Suisse sont très limitées. La part des technologies de l’information dans l’indice des actions suisses est inférieure à 1%. Les investisseurs qui souhaitent saisir les opportunités à cet égard sont contraints de regarder au-delà des frontières nationales. Dans ce contexte, le marché américain reste central. Cependant, pour des raisons de diversification et du fait de solides avancées technologiques, des marchés tels que la Chine et la Corée du Sud deviennent également de plus en plus attractifs.
L’intelligence artificielle n’est qu’un aspect des innovations vouées à transformer l’économie et la société dans les années à venir. Ces innovations incluent également l’électrification et la longévité. Le thème de la longévité couvre les entreprises qui bénéficient du vieillissement de la population ou qui permettent de vivre plus longtemps. À cet égard, la Suisse est bien placée, non seulement en termes d’application, mais aussi de développement, grâce à des entreprises dans les secteurs pharmaceutique, des technologies médicales et de la gestion de fortune. Cependant, les investisseurs ne devraient pas non plus se limiter aux entreprises suisses dans ce domaine. Des entreprises internationales sont, par exemple, à la pointe de la lutte contre l’obésité.
Avec un portefeuille composé d’actions d’entreprises qui bénéficient des nouvelles technologies et de celles qui les développent, les investisseurs peuvent tirer parti des opportunités évoquées plus haut. Une bonne diversification est essentielle: au plan géographique (des opportunités émergent en Suisse, mais bon nombre d’entre elles se situent au niveau mondial), sectoriel et thématique, mais aussi entre les différents secteurs. La crise au Moyen-Orient reste susceptible de perturber l’économie et les marchés mondiaux. Il s’ensuit que les investisseurs gagneront à diversifier leurs portefeuilles au-delà des actions.