
Depuis mars, le conflit au Moyen-Orient influence l’économie et les marchés financiers. Le transport de pétrole par le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, est à l’arrêt. Cela a entraîné une hausse significative des cours du pétrole et du gaz.
Si le conflit s’apaise dans les semaines à venir et que le transport de pétrole par le détroit d’Ormuz reprend, les prix de l’énergie devraient se stabiliser. Les dommages causés à l’économie mondiale et suisse seraient maîtrisables. Ce scénario est étayé par le fait que le maintien de prix du pétrole élevés réduirait les chances du président américain Trump lors des élections américaines de mi-mandat cet automne. La hausse des prix de l’essence ne ferait qu’accroître encore davantage les inquiétudes déjà vives des électeurs américains concernant le pouvoir d’achat. Donald Trump a donc tout intérêt à ce que le conflit soit de courte durée et à ce que les prix de l’énergie se stabilisent.
Dans ce scénario, la Banque nationale suisse (BNS) devrait maintenir sa politique de taux d’intérêt nuls, comme elle l’a réaffirmé lors de son évaluation de politique monétaire jeudi dernier. Cela signifie que les taux d’intérêt à long terme en Suisse devraient également rester à leur niveau actuel.
Les épisodes passés montrent que de tels événements géopolitiques n’ont que des effets à court terme sur les marchés actions. Nous recommandons donc aux investisseurs de rester investis. Le «Jour de la libération» en est un bon exemple: il y a environ un an, les marchés ont chuté après que Trump a imposé des droits de douane élevés à de nombreux partenaires commerciaux des États-Unis; cependant, les marchés actions se sont rapidement redressés et ont poursuivi leur tendance haussière.
L’histoire montre également que les tentatives de vendre au bon moment lors d’événements géopolitiques, puis de revenir sur le marché ultérieurement, échouent souvent. Toutefois, ceux qui souhaitent accroître progressivement et systématiquement leur exposition au marché des actions ne doivent pas se laisser décourager par la volatilité. L’essentiel n’est pas de choisir le moment idéal pour entrer sur le marché des actions, mais plutôt de rester investi, car ce dernier a, sur le long terme, généré des rendements nettement supérieurs à ceux d’un compte d’épargne.
Une hausse prolongée des cours du pétrole n’est pas exclue
Même s’il existe de bonnes raisons de penser que le conflit pourrait bientôt s’apaiser, il ne faut pas négliger le risque qu’il se prolonge pendant plusieurs mois et maintienne les prix de l’énergie à un niveau élevé pendant une longue période.
Un tel scénario négatif pourrait avoir des répercussions sur les marchés financiers en deux phases. Dans la première phase, l’accent serait mis sur la hausse de l’inflation due à l’augmentation des prix de l’énergie. Si les prix de l’énergie restent élevés pendant une période prolongée, les marchés financiers devraient, dans une deuxième phase, s’adapter à un ralentissement significatif de la croissance économique, voire à une récession.
Dans cette deuxième phase, les inquiétudes concernant un ralentissement marqué de la croissance pourraient peser sur les marchés actions et susciter des anticipations de baisse des taux directeurs par les banques centrales pour contrer ce ralentissement. Cela entraînerait, à son tour, une baisse des taux d’intérêt à long terme, et donc une hausse du prix des obligations. L’or bénéficie généralement lui aussi de la baisse des taux d’intérêt. Avec un portefeuille largement diversifié, dans ce scénario négatif, les investisseurs peuvent se positionner de manière à ce que les replis soient compensés par la performance positive des obligations et de l’or.
Dans la première phase, où la hausse de l’inflation concentre l’attention, les marchés financiers pourraient également s’attendre à ce que les banques centrales tentent de maîtriser l’inflation en rehaussant leurs taux directeurs. C’est ce que l’on a observé en 2022. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné une flambée des prix de l’énergie. Le marché des actions a ensuite reculé. Cependant, la hausse des taux d’intérêt a également eu un impact négatif sur la performance des obligations. Un portefeuille composé uniquement d’actions et d’obligations a perdu une valeur importante en 2022.
Dans une telle situation, il est judicieux de diversifier davantage le portefeuille au moyen d’actifs réels ou de placements alternatifs tels que des hedge funds, qui peuvent offrir une protection supplémentaire en période d’inflation et de hausse des taux d’intérêt.