Communiqués de presse

Forum de prévoyance UBS – Analyse du projet de réforme Prévoyance vieillesse 2020 et indice UBS de la prévoyance en Suisse

Zurich Media Releases Switzerland

Les résultats définitifs de l’analyse du texte en votation Prévoyance vieillesse 2020 montrent que le financement des rentes sur le long terme serait amélioré et la pérennité du système serait quelque peu renforcée. Toutefois, compte tenu de l’ampleur des réformes nécessaires, c’est une avancée extrêmement modeste, qui se fait au détriment de l’équité intergénérationnelle. L’indice UBS de la prévoyance indique toujours une dynamique négative pour le dernier trimestre 2016 et le premier trimestre 2017.

Zurich, 23 mai 2017 – Le vieillissement de la population est à l’origine d’un déficit implicite majeur au sein du 1er pilier de la prévoyance vieillesse suisse. En effet, aux réserves de fortune de l’AVS font face des promesses de prestations non couvertes de l’ordre de 1000 milliards de francs, ce qui représente un déficit à hauteur de 173,4% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Si le projet de réforme Prévoyance vieillesse 2020 est mis en œuvre, le déficit de financement de l’AVS diminuera d’environ un cinquième, à 135,1% du PIB.

La hausse de la TVA de 0,6 point de pourcentage est la mesure qui contribue le plus fortement à garantir le financement de l’AVS: elle en réduit le déficit, tel que mesuré à l’aune du PIB, de 28,5 points de pourcentage. L’harmonisation de l’âge de référence entre hommes et femmes et le relèvement du taux de cotisation AVS contribuent, à parts égales, à abaisser le déficit de 15,6%, respectivement de 15,4% du PIB. Reste que le projet contient aussi des mesures susceptibles de creuser un peu plus ce déficit, à commencer par l’assouplissement des conditions de départ à la retraite et le relèvement du plafond pour les couples mariés. C’est en particulier vrai de l’augmentation de 70 francs des rentes de vieillesse, qui va aggraver le déficit de 24,8% du PIB.

1er pilier: la pérennité au détriment de l’équité intergénérationnelle

Il paraît déséquilibré que ce soit en premier lieu les jeunes générations qui aient à porter le fardeau de la réforme. Ce sont elles en effet qui devront s’acquitter durant toute leur vie active d’impôts et de taxes plus élevés. A l’inverse, on peut s’étonner que les classes d’âge proches du départ à la retraite soient dans l’ensemble beaucoup mieux loties, notamment au regard de la législation actuelle. D’une part, elles profiteront immédiatement du relèvement de 70 francs des rentes AVS accordé aux nouveaux retraités et de l’autre, elles supporteront la hausse des impôts et des taxes bien moins longtemps que les jeunes générations (voir fig. 1).

Fig. 1: effort d’assainissement au sein de l’AVS: les classes d’âge proches de la retraite mieux loties que les jeunes générations

2e pilier: la préservation des acquis restreint l’effet stabilisateur de l’abaissement du taux de conversion

La réduction du taux de conversion minimal obligatoire contribuera également à améliorer la stabilité financière du 2e pilier. Si elle voit le jour, la réforme fera baisser les obligations de prestation non couvertes – autrement dit le déficit des caisses de pension – pour toutes les classes d’âge considérées. Reste que la préservation des acquis prévue dans la réforme bénéficiera essentiellement aux hommes de plus de 45 ans, qui ne seront pratiquement pas touchés par l’abaissement du taux de conversion minimal dans le régime obligatoire. En raison de la préservation des acquis et des taux de conversion toujours trop élevés, la réforme ne réduit que partiellement le financement croisé opaque du 2e pilier par les personnes actives au détriment de leurs propres rentes futures.

La dynamique de la prévoyance suisse demeure négative

L’indice UBS de la prévoyance en Suisse, calculé chaque trimestre, est demeuré en territoire négatif au quatrième trimestre 2016 ainsi qu’au premier trimestre 2017. L’indice fournit des indications quant à la santé et à la stabilité du système de prévoyance suisse (voir fig. 2). Cette dégradation tient à trois phénomènes. Tout d’abord, l’accélération des mutations démographiques: comparé au même trimestre de l’année dernière, le nombre d’actifs partis à la retraite devrait être supérieur à celui des nouveaux venus dans la vie active.

Par ailleurs, la faible hausse des prix sur le marché immobilier et la baisse des loyers ont pesé davantage sur le sous-indice qui rend compte de l’évolution économique. Troisièmement, le projet de réforme final Prévoyance vieillesse 2020 s’est révélé moins ambitieux que les projets discutés précédemment au Parlement. En revanche, la situation financière des 2e et 3e piliers s’est améliorée, notamment grâce à la hausse des cours sur les marchés mondiaux des actions.

Fig. 2: indice UBS de la prévoyance et contributions des sous-indices

Les études UBS sur le système de prévoyance suisse sont téléchargeables dans leur intégralité à l’adresse suivante: www.ubs.com/vorsorgeforum


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