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UBS prévoit une hausse de l'inflation

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La persistance de faibles taux monétaires et la politique financière expansionniste des Etats-Unis ont, une fois de plus, stimulé la croissance mondiale. Lors d'une prochaine phase, ce sont les taux longs et les anticipations d'inflation qui s'adapteront au nouvel environnement conjoncturel, comme l'explique la dernière étude d'UBS sur l'inflation. Certes, il n'est pas question d'une hausse incontrôlée de l'indice des prix à la consommation, mais les anticipations inflationnistes actuellement en vigueur sur les marchés financiers sont par trop optimistes. Aussi les spécialistes en placement d'UBS déconseillent-ils d'investir dans des obligations à long terme. Ce sont les emprunts indexés sur l'inflation qui procurent la meilleure protection contre l'inflation; ils doivent donc, de ce point de vue, être préférés à l'or.

Le dynamisme de la croissance, notamment en Amérique du Nord et en Asie, a chassé les craintes de déflation, encore présentes il y a un an. Cependant, les marchés financiers, jusqu'ici, se sont peu préoccupés de l'ampleur de la hausse de l'inflation à prévoir ni de ses conséquences sur les diverses classes d'actifs. La présente étude d'UBS s'efforce de combler cette lacune en dégageant des perspectives d'inflation à moyen terme à partir d'une analyse détaillée des expériences passées.

Dans le passé, les phases d'hyperinflation ont été rares. Lorsqu'elles se sont présentées, elles ont souvent été dues à un énorme déficit budgétaire financé par la planche à billets. L'expérience montre cependant que c'est en période d'inflation modérée que les économies de marché fonctionnent le mieux. C'est pourquoi il a été conféré à la plupart des banques centrales l'indépendance monétaire nécessaire pour créer cet environnement.

La tolérance des banques centrales vis-à-vis de l'inflation semble toutefois avoir augmenté par suite de la longue déflation qu'a connue le Japon. Echaudées par l'exemple japonais, elles sont désormais prêtes - surtout la Réserve fédérale des Etats-Unis - à accepter un certain risque d'inflation pour éviter une rechute de la croissance. Lorsque les ménages, les entreprises et les gouvernements sont très endettés, la déflation comporte un risque particulier. Si la charge réelle de la dette s'accroît du fait d'un niveau étonnamment bas de l'inflation, la demande peut s'enrayer, ce qui a des effets négatifs probablement plus importants que les effets


positifs procurés par les éventuelles plus-values réelles en capital enregistrées par les créanciers.

Dans l'ensemble, ces considérations ont conduit, notamment de la part des banques centrales des Etats-Unis et du Japon, à une forte augmentation de la quantité de monnaie centrale, jetant ainsi les bases d'une future hausse du niveau des prix. Aujourd'hui, la tendance à la mondialisation ne freine plus cette évolution. Si la contribution de la Chine et d'autres pays émergents au commerce mondial consistait jusqu'ici à offrir des produits de consommation bon marché, désormais ces économies sont de plus en plus demandeuses de matières premières et d'autres prestations en amont, ce qui a entraîné un renchérissement mondial de ces biens. En ce qui concerne les Etats-Unis, il faut s'attendre, parallèlement, à un ralentissement de la productivité, de sorte que les hausses de salaires seront de plus en plus répercutées sur les prix des biens.

Globalement, on se dirige donc vers une augmentation de l'inflation. Cependant, celle-ci ne sera pas uniforme. L'Europe continentale, du fait de son apathie conjoncturelle, connaîtra encore assez longtemps de faibles taux d'inflation, mais les Etats-Unis et quelques pays asiatiques devront compter avec de plus fortes hausses des prix. Aucun risque d'hyperinflation cependant: l'indépendance des banques centrales s'y oppose, entre autres facteurs.

Même si les marchés financiers prévoient désormais une tendance à l'accélération de la hausse des prix, divers modèles économétriques indiquent que celle-ci pourrait se révéler bien plus forte qu'anticipé. Par suite de cette reprise de l'inflation, il faut s'attendre à un repli des marchés obligataires. L'expérience montre que les rendements des placements, considérés sur des périodes assez longues, ont tendance à compenser l'inflation. Les actions, pour leur part, affichent les meilleures performances lors du passage d'une faible inflation à une inflation modérée. Elles semblent mal réagir aussi bien à des taux d'inflation trop élevés que trop bas. Une comparaison du risque de perte entre actions et obligations montre que, si les emprunts sont plus sûrs en termes nominaux, en termes réels, leur risque de perte se rapproche de celui des actions, notamment pour les échéances éloignées. Il ne faut pas compter non plus sur un rebond de l'or en cas de hausse de l'inflation. Les obligations indexées sur l'inflation, aujourd'hui courantes, procurent une meilleure protection, de sorte que le métal jaune perd son rôle traditionnel de couverture contre les risques d'inflation.

Pour finir, il convient de souligner que, pendant les vingt dernières années, la plupart des placements financiers ont profité du recul de l'inflation (et de la baisse concomitante des primes d'inflation) aussi bien en termes nominaux que réels. En l'absence de ce facteur, les rendements des marchés financiers seront nettement moins importants qu'au cours des deux décennies écoulées.

Zurich / Bâle, 26 avril 2004
UBS