Quand vient l’heure de repousser les murs

Annexes, surélévations, séparations : la plupart des maisons ont un potentiel d'évolution pour accueillir plusieurs générations.

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22.07.2013, Jürg Zulliger (texte), Marcus Gaab / Trunk Archive (photos)

Sur le Plateau, entre Berne et Soleure, le terrain de la famille Arn s'étend sur plus de 2300 m2. A entendre le vent qui souffle dans les arbres et les oiseaux qui gazouillent, le temps semble s'être arrêté. Très répandues, les fermes traditionnelles inspirent aujourd'hui de nouveaux usages. Erika Arn trouvait l'entretien de la maison et du jardin de plus en plus contraignant. Les enfants partis, la maison lui paraissait trop grande. Pourtant, ses deux fils refusaient qu'elle soit vendue et souhaitaient que cette merveilleuse propriété reste dans la famille.

Une seconde famille dans la maison
C'est ainsi qu'une solution ingénieuse fut trouvée suite à un concours d'architecture. La maison individuelle (1968), construite par l'architecte soleurois Peter Bühlmann, verra son bilan énergétique amélioré, mais restera en l'état. Témoin du style architectural régional, elle évoque en effet l'architecture moderne (Mies van der Rohe), par ses emprunts à l'acier, au verre et au béton. Compte tenu de la surface du terrain, les Arn firent construire un petit pavillon en bois juste à côté. Conçue sur un seul niveau, sans obstacles et avec un toit plat, cette annexe est construite en bois et vitrée sur tout le tour. Le bâtiment semble accueillant, léger et transparent.

Proximité et distance
Il constitue désormais un havre pour les vieux jours d'Erika Arn, tandis qu'un de ses fils s'est installé dans la maison principale avec son épouse et ses deux enfants. La proximité n'empêche pas une certaine distance : « Je ne me suis pas transformée en nourrice pour autant. Et à l'inverse, je n'entends pas être à la charge de mon fils comme si j'étais en maison de retraite », souligne Erika Arn.

« Il y a plus de 800 000 maisons individuelles en Suisse », explique Mariette Beyeler, architecte lausannoise. La plupart des logements sont conçus pour des résidents entre 35 et 50 ans. Et pourtant, l'utilisation réelle va bien au-delà de cette tranche d'âge. Du fait de leur ancienneté, les logements sont désormais souvent occupés par une seule ou deux personnes. Presque une personne sur trois entre 65 et 80 ans habite dans une maison individuelle, ainsi qu'une sur cinq de plus de 80 ans. On peut s'en réjouir, mais selon Mariette Beyeler « le volume bâti pourrait souvent être mieux utilisé au prix de quelques transformations. L'espace habitable répondrait ainsi aux besoins des personnes âgées tout en offrant plus de place à la jeune génération. » La plupart des maisons offrent de nombreuses opportunités d'installer un bâtiment supplémentaire sur le terrain, mais aussi de surélever ou d'agrandir.

Quels sont les critères pour transformer une maison individuelle en un immeuble col-lectif ? « Il s'agit d'être pragmatique dans la planification. Attention au risque de promis-cuité ! » prévient Mariette Beyeler. Même si la maison est partagée entre parents et enfants, l'architecte conseille de dessiner les plans comme s'il s'agissait de louer le logement à des locataires inconnus. Cela inclut notamment deux entrées séparées, si possible avec occultation. Les espaces extérieurs indivi-duels, qu'il s'agisse d'un jardin ou d'une ter-rasse, sont également importants.

Logements en propriété flexibles
Il en va autrement pour les immeubles à appartements qui ne peuvent pas être agran-dis à l'horizontale ou à la verticale. Il apparaît alors difficile de réorganiser le domicile au fil des phases de la vie. Mariette Beyeler voit une solution dans les appartements en propriété flexibles. Ces immeubles ne comptent pas plusieurs appartements par étage, mais un seul. Et idéalement, l'escalier sera placé à l'ex-térieur. Il est ainsi possible d'accéder à chaque étage par deux entrées séparées. De plus, si les murs intérieurs ne sont pas tous porteurs, l'appartement pourra supporter des travaux d'aménagement en vue de sous-louer une partie ou de faire un appartement multigéné-rationnel. Ce concept architectural pourrait se présenter bientôt comme la véritable « mai-son du futur ».

Situation du marché 

Nouvelle hausse des prix attendue

Les prix de transaction réels (hors inflation) des appartements en propriété sont repartis fortement à la hausse en 2012, partout en Suisse. Le taux de croissance réel s'élevait à plus de 7 % en moyenne, gonflé par la hausse de 11,6 % des prix dans la seule région de l'arc lémanique. Avec 6,7 % de croissance, Zurich et la Suisse centrale s'inscrivaient dans la moyenne, tandis qu'en fin de classement, Berne et la Suisse du Nord-Ouest affichaient tout de même une hausse de 4,5 %. En dépit des conditions de financement favorables et de la demande dont bénéficie encore l'immo-bilier, nous attendons des taux de croissance plus bas en 2013. Une correction des prix passera toutefois par des taux d'intérêt normalisés.


Par rapport à un bâtiment neuf sur un emplacement identique, la reconversion des bâtiments existants est intéressante, même financièrement. L'Hypothèque « renovation » UBS est conçue pour financer de tels projets. Et si vous prévoyez de rénover selon des critères d'efficacité énergétique, UBS vous accorde une prime en liquide de 2500 à 8500 francs jusqu'au 31 décembre 2013.