Un cadre solide

Si les processus économiques étaient essentiellement locaux jusqu‘ au milieu du XXe siècle, tel n‘est plus le cas aujourd‘hui. A titre d‘exemple, la valeur des marchandises exportées dans le monde entier était de dix mille milliards de dollars en 2005, contre 70 milliards en 1950.

Les bases de ce demi-siècle de croissance sans précédent ont été jetées tout à la fin de la Seconde Guerre mondiale: Accords de Bretton Woods (1944) relatifs à l‘instauration d‘un nouveau système monétaire international, création du Fonds monétaire international (FMI) en 1945 et, dans l‘immédiat après-guerre, Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Ensemble, ces institutions ont permis de stabiliser les taux de change, d‘abaisser nombre de barrières au commerce et de soutenir le négoce mondial entre les pays industriels.

Parallèlement, des jalons ont été posés en vue de déréglementer les marchés financiers nationaux, notamment après l‘effondrement, en 1977, du système des taux de change fixes mis en place dans le cadre de Bretton Woods. Depuis et d‘après les statistiques de la Banque des Règlements internationaux (BRI), le volume quotidien des transactions sur les marchés des changes a bondi de quelques millions à 1200 milliards d‘USD. La déréglementation, combinée au développement des technologies de l‘information et de la communication, a aidé les spécialistes à créer toute une gamme de produits novateurs, allant des cartes de crédit aux dérivés, bouleversant complètement le caractère du système financier mondial en quelques décennies.

De toutes les innovations, les dérivés sont les plus récents. Leur volume mondial de négoce a plus que décuplé entre 1990 et 2000. Ainsi, les statistiques de la BRI montrent que la valeur combinée de tous les contrats OTC (hors Bourse, over-the-counter) en circulation était de 370 000 milliards d‘USD fin juin 2006. Les dérivés, ou les contrats d‘achat ou de vente d‘un actif à un certain prix à une date future prédéterminée, ont permis au secteur de répartir les risques et de se couvrir contre des pertes, accroissant ainsi sensiblement la stabilité de l‘économie mondiale et du cadre financier.

Par ailleurs, ce sont ces énormes volumes, ainsi que le rôle joué actuellement par les hedge funds sur les marchés, qui ont attiré l‘attention des banques centrales, autorités de réglementation et organisations financières internationales sur les nouveaux genres de risques potentiels. L‘utilisation de dérivés sur risque de crédit, par exemple pour couvrir des prêts bancaires, peut potentiellement conduire l‘ensemble du secteur à un certain laxisme et ouvrir la voie à de futures défaillances. Conscient de ce problème et d‘autres encore, le FMI a demandé aux autorités de réglementation du marché de contrôler la gestion du risque dans le secteur financier et d‘élaborer, le cas échéant, de nouvelles règles.

Malheureusement, la libéralisation mondiale du système financier a aussi induit de nouveaux types d‘activités criminelles. Le suivi minutieux et la réglementation des marchés financiers est essentielle afin de garantir leur stabilité à long terme. Reste à savoir quel degré de réglementation est nécessaire et quel niveau de liberté les marchés peuvent conserver. Ces questions en soi ne datent pas d‘aujourd‘hui. D‘une part, le boom de l‘économie mondiale ces dernières décennies n‘aurait pas été possible sans la libéralisation des marchés. De l‘autre, la mondialisation des marchés des capitaux et la lutte planétaire contre le crime organisé et le terrorisme ont rendu les réglementations dans le secteur financier de plus en plus complexes et difficiles à appliquer.

De plus en plus conscient du phénomène, le secteur financier a pris un certain nombre de mesures préventives. Les Directives de Wolfsberg, par exemple, sont des principes internationaux élaborés et signés par un groupe de banques mondiales de premier plan et destinés à lutter contre le blanchiment de capitaux. Elles obligent les banques les ayant adoptées à identifier en tout temps leurs clients dans le monde entier et à définir une norme internationale conjointe par l‘échange de directives internes anti-blanchiment. La coopération accrue entre le secteur financier et les autorités américaines au lendemain des attentats du 11 septembre constitue un second exemple.

Il y a quelques mois, l‘Institute of International Finance (IIF), une association composée de gestionnaires de grands établissements financiers mondiaux, a appelé au dialogue stratégique en vue d‘une meilleure efficience (de plus amples informations figurent dans l‘encadré)

Ces deux initiatives montrent clairement que le secteur financier international, dans l‘intérêt du public comme du sien, oeuvre à assurer la recherche de solutions axées sur le marché pour répondre aux défis auxquels il est actuellement confronté.

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Colonne 1: Contribution d‘UBS

Depuis de nombreuses années, UBS est à la pointe du combat livré contre la criminalité financière. Elle a été un des moteurs du lancement du Groupe du Wolfsberg et de l‘élaboration, en 2000, d‘un ensemble de principes mondiaux contre le blanchiment d‘argent. Par la suite, UBS a aussi fortement soutenu le Groupe dans ses efforts en vue d‘éradiquer le terrorisme financier, de contrôler, d’évaluer et de mettre en place des directives et des principes pour les correspondants bancaires.

La banque a effectué d‘importants investissements afin d‘établir des méthodes sophistiquées visant à prévenir tout abus du système financier. Se doter d‘instruments de protection pour lutter contre le blanchiment d‘argent, la corruption et le financement du terrorisme constitue un pilier de la gestion moderne du risque.

En outre, UBS a créé il y a deux ans une unité spéciale pour contrôler et coordonner au sein de l‘établissement la lutte contre le blanchiment de capitaux. L‘an dernier, une vaste campagne a visé à rendre les collaborateurs plus attentifs aux risques latents et à faire preuve d‘une vigilance constante.

Selon Peter Wuffli, CEO d‘UBS: «Il est clair que l‘environnement de plus en plus complexe du secteur est imputable à la mondialisation des marchés aussi bien qu‘aux erreurs et autres défaillances des participants. Toutefois, le principal problème aujourd‘hui réside dans la contradiction entre l‘internationalisation des marchés et la prééminence nationale des lois régissant cette internationalisation. »

En tant que partie intégrante de l‘initiative IIF appelée «Strategic dialogue on effective regulation», un groupe de travail dirigé conjointement par Peter Wuffli et William B. Harrison, Chairman de JP Morgan Chase & Co., a établi et publié une série de principes de réglementation effective des marchés financiers internationaux, en collaboration avec les principaux organes de contrôle.

Et Peter Wuffli d‘expliquer: «Une multitude d‘exemples attestent qu‘un dialogue constructif entre les législateurs et le secteur financier débouche sur des résultats beaucoup plus probants que lorsque les autorités légifèrent seules.»

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