Le Temps, 26.11.2005
UBS Art au musée
Après une exposition au MoMA de New York, la collection de UBS est à la Fondation Beyeler de Bâle. Avec le souci de rendre plus lisibles ses engagements.
Halls et bureaux de banques sont souvent ornés d'œuvres d'art. C'est une manière de soigner l'atmosphère de travail et de manifester une ouverture d'esprit. L'art, quand il ne fait pas scandale, est gratifiant. Au point que le partenariat entre institutions financières et musées s'est développé. Incitant même les banques à montrer leurs collections dans les musées pour s'affirmer comme des acteurs réels dans ce domaine. C'est ce qui se passe avec l'accueil de UBS Art Collection par la Fondation Beyeler de Bâle.
Que le visiteur ne s'attende cependant pas à retrouver Ià des œuvres entrevues dans une succursale et à prendre la mesure des acquisitions faites par les antennes cantonales. II ne s'agit pas de cet ensemble catalogué sous le nom Art at Work, qui constitue souvent un soutien aux créateurs locaux, mais d'une entité relativement récente. Elle réunit 200 pièces collectées par les deux banques ayant fusionné en UBS (en 1998) - celles de l'Union de Banques Suisses consacrées aux jeunes talents internationaux et celles de la Société de Banque Suisse axées sur l'art suisse. Et surtout les 700 pièces apportées par le rachat, en 2000, de la sociétê américaine de courtage et de gestion de portefeuille PaineWebber. Que le président fondateur de cette société, Donald B. Marron, épris d'art depuis jeune homme, a luimême sélectionées, secondé par un conservateur.
L'UBS Art Collection a donc la particulanité d'avoir une âme et pour faiblesse d'être une collection d'entreprise. Sa directrice, Petra Arends, est une juriste. Il y a un curateur, Matthias Winzen, ancien responsable de la Kunsthalle de Baden-Baden, et un comité consultatife de quatre experts (deux femmes, deux hommes), représentant l'Europe, l'Amérique du Nord, du Sud, l'Asie. C'est un aréopage de gestionnaires stratégiques. Il a notamment pour mission de donner une visibilité à cette collection. A cet effet, le site Internet www.ubs.com/artcollection en est le musée virtuel.
La présentation à la Fondation Beyeler est une sélection, ciblée. Puisque sur les quelque 70 œuvres montrées, se retrouve la quarantaine d'entre elle promises en don au Museum of Modern Art (MoMA) de New York. Un engagement de la PaineWebber, que le président de UBS Marcel Ospel a tenu à honorer. L'ensemble a donc eu, au début de l'année, les honneurs de la réouverture du MoMA après son agrandissement. A Bâle, c'est la premiere présentation en Europe.
Cet axe Etats-Unis-Europe est un des traits de la collection, qui couvre les années 50 à maintenant. Autre dualisme: La figuration (Philip Guston, Andy Warhol, Chuck Close, Lucian Freud) et l'abstraction (Jasper Johns, Sam Francis, Cy Twombly). Puis, comme dans les années 80, les collectionneurs américains ayant été sensibles a la peinture allemande des Gerhard Richter, Georg Baselitz, Anselm Kiefer, cela se retrouve ici. Autre volet: la photographie contemporaine. Et beaucoup de travaux sur papier. Car une collection d'entrepise est faite pour se retrouver aux murs des bureaux. Donc pas de vidéo, ni d'installation. Ni d'œuvres qui choquent. A sa manière, la collection revisite les grands classiques de l'abstraction mais aussi du paysage, du portrait, de l'intimité, de la nature morte et de l'épopêe.
Contemporary Voices: L'UBS Art Collection hôte de la Fondation Beyeler. (Baselstrasse 101, tél. 061/645 97 19, www.beyeler.com). Tous les jours de 10 à l8h (me 20h) Du 27 novembre au 26 février. En même temps: Wolfgang Laib.
de Philippe Mathonnet
back to Press Archive 2005 |