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24 Heures, 26.11.2005

  

L'UBS ouvre ses coffres chez Beyeler

  

BÂLE Contraste saisissant à la Fondation Beyeler entre le brouhaha flamboyant de la Collection UBS qu'elle accueille après New York et le silence magique de la retrospective Wolfgang Laib.

 

C'est devenu un «must». Qui s'en plaindrait? Le phénomène n'est pas nouveau, mais aujourd'hui plus que jamais les grandes entreprises se doivent de constituer une collection d'œuvres d'art, si possible de premier plan et, mieux encore, contemporaines.

    

Question d'image: l'engagement culturel désigne l'esprit éclairé, et l'intérêt pour le contemporain l'ouverture et l'audace avertie, toutes attitudes dont se réclament les philosophies entrepreneuriales de haut vol. Que les banques s'y investissent spécialement souligne aussi à quel point l'art est devenu à la fois un levier et un refuge déterminants dans le monde économique actuel. De plus en plus, non contentes d'orner leurs sièges et bureaux, elles exposent dans les musées et s'exposent elle-mêmes comme mécènes en déclarant comme Bernhard Eggli: «Plutôt que de garder ces trésors pour nous, nous voulons les partager aussi largement que possible.» C'est au nom de l'UBS que Bernhard Eggli parlait airisi à la Fondation Beyeler. L'une des plus grandes banques du monde ne pouvait manquer á l'appel. Elle le fait d'autant plus volontiers que par le jeu des fusions (la banque PaineWebber lui en a apporté la majeure partie, la SBS l'art suisse et l'ancienne UBS les jeunes talents internationaux), elle se trouve à la tête d'un patrimoine d'importance muséale riche de 900 œuvres, de 1950 à nos jours. Un florilège de ces œuvres a été exposé au début 2005 au fameux MOMA (Museum of Modem Art) de New York, á qui une trentaine sont promises en donation. Le voici maintenant qui, en 70 œuvres et 45 signatures, passe l'hiver à Riehen, son unique escale européenne, avant d'achever sa tournee a Porto Rico.

  

Pas de doute, l'ensemble est de haut vol, même s'il est forcément disparate, puisque constitué au coup par coup, sans volonté de représentativité ni autre critère que la qualité de chaque pièce prise isolément. L'accrochage bâlois (à vrai dire pas toujours trés convaincant dans ses articulations) met en écho les grands Américains avec les grands Européens dc la postmodernité: Warhol et Lichtenstein avec Lucian Freud, Twombly, Sam Francis ou Susan Rothenberg avec Gerhard Richter et Polke, Kiefer et Baselitz face à Brice Marden ou Stella. Le regard qu'il offre sur l'art des dernières décennies tient d'un kaleidoscope hybride, effervescent et dc haut niveau.

  
«Contemporary Voices: The  UBS Art Collection.»
«L'éphémère c'est l'éternité: retrospective Wolfgang Laib»

  
Bâle/Riehen, Fondation Beyeler jusqu'au 26 février, tons les jours 10 h -18h, me jusqu'à 20 h.

061 645 97 00.
     

de Françoise Jaunin

  

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