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Rapport 2004
 

Maîtriser les sommets
Maîtriser les sommets

Maîtriser les sommets

Christen Baumann a un don particulier, celui d’être capable de rendre une société suisse de remontées mécaniques bénéficiaire. La raison principale de son succès tient d’après lui à son esprit d’entreprise.

Avant de s’imposer dans le secteur du tourisme où il dirige plusieurs sociétés de remontées mécaniques, Christen Baumann, aujourd’hui CEO de Zermatt Bergbahnen AG, a occupé auparavant différents postes importants au sein d’entreprises d’installations mécaniques en Suisse et à l’étranger. Ceci étant, ayant grandi dans l’Oberland bernois, il a toujours eu la passion de la montagne, comme n’importe quel alpiniste amateur désireux de découvrir avec lui les sommets de Zermatt, pourrait en témoigner.

Aujourd’hui, il est à la tête de la plus grande entreprise de remontées mécaniques en Suisse. Celle-ci est issue, il y a moins de trois ans, de la fusion de six sociétés auparavant indépendantes et dotées de leur propre structure d’actionnariat et identité. Avec un effectif total de 260 salariés, on compte à plus de 45 000 le nombre de personnes qui peuvent être transportées par heure durant les heures de pointe avec 32 remontées mécaniques entre 1600 et 3883 mètres d’altitude, ce qui en soi représente une prouesse technologique. En hiver, sa société est également responsable de l’entretien, de la préparation et du nettoyage d’environ 200 kilomètres de pistes skiables.

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Lors de la prise de ses fonctions au moment de la fusion, Christen Baumann, déjà fort d’expériences en matière de redressement d’entreprises, a décidé de limiter les changements de personnel dans l’intégration des six sociétés. En une quinzaine de jours, il a réussi à pourvoir tous les postes de cadre de la société par du personnel chevronné à qui on avait demandé de postuler une deuxième fois. L’intégration s’est faite en douceur et le nombre d’emplois perdus a été insignifiant. Depuis lors, Zermatt Bergbahnen AG n’a pas cessé de générer des revenus. «Nous avons atteint, voire même dépassé, tous les objectifs que nous nous étions fixés», déclare Christen Baumann avec beaucoup de fierté.

Dans les années 1990, beaucoup de sociétés de transports par câble et de chemins de fer de montagne se sont trouvées confrontées à de gros problèmes financiers. Cela s’explique en partie par le fait que les banques, pour octroyer un prêt, au lieu de baser leurs décisions sur les prévisions bénéficiaires, ont opté pour l’examen de la capacité d’endettement à long terme de chaque entreprise. Pour cette raison, elles ont diminué les notations du secteur et de leurs clients, ce qui a conduit les entreprises à se restructurer ou à fusionner afin d’éviter de devoir rembourser leurs dettes à un coût plus élevé.

Selon Christen Baumann plusieurs sociétés ont déposé leur bilan du fait d’un laxisme en matière de coûts et non pas à cause des politiques de prêt des banques. «Il régnait un climat d’insouciance collective assorti d’égotisme et de pression de la part de certains groupes d’intérêts, sans aucune prise en compte des réalités économiques. Un alourdissement des coûts dans un contexte de stagnation, voire de baisse, des revenus n’est pas viable à long terme», souligne-t-il.

Un autre facteur ayant contribué à leur chute tient à la présence d’élus politiques au Conseil d’administration de plusieurs entreprises. Ces derniers avaient tendance à évaluer les avantages induits par les investissements et autres mesures en terme d’impact sur l’opinion publique. Les intérêts de la société passant en second plan.

Cela signifie-t-il pour autant que l’Etat devrait rester à l’écart de la branche touristique? «Non, du moment que l’on parle de l’environnement opérationnel général et pas des décisions propres à l’exploitation», explique Christen Baumann. A titre d’exemple, il est très reconnaissant du travail accompli par Suisse Tourisme pour promouvoir le pays. Mais il pense que le meilleur moyen d’encourager le secteur serait d’accélérer les formalités d’obtention de permis de construction. Beaucoup de ceux qui en font la demande, y compris Christen Baumann luimême, se sont trouvés empêtrés dans des démarches bureaucratiques souvent lentes et lourdes.

Selon Christen Baumann le gouvernement devrait encourager le secteur du tourisme à chercher des investisseurs privés comme source de financement.

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Le cœur du problème, c’est que les entreprises de remontées mécaniques de taille moyenne n’ont pas hésité à emprunter auprès de la Confédération, des cantons et des communes alors que les plus grandes sociétés à financement privé, même si elles n’en ont pas eu explicitement l’interdiction, ont évité d’avoir recours aux deniers publics de peur de ne pas pouvoir verser de dividendes à leurs actionnaires. Quoi qu’il en soit, un des principes fondamentaux pour Christen Baumann, qu’on soit dirigeant d’une petite ou d’une grande entreprise, c’est de ne jamais laisser l’endettement d’une société dépasser 60% de son bilan. C’est pour lui le plafond maximum afin d’éviter à l’entreprise un service de la dette trop lourd, même en cas de hausse subite des taux d’intérêt.

Aujourd’hui, toutes les nouvelles remontées mécaniques de Zermatt sont louées à bail et en tant que banque principale de la société, UBS y a des intérêts majeurs. Obtenir de bonnes conditions, tel est pour Christen Baumann le critère principal déterminant le choix de ses partenaires commerciaux. De plus, ce qu’il apprécie dans ses relations avec les banques, c’est la communication directe et la prise rapide de décision. Sa perception d’UBS a considérablement changé au cours des dernières années.

«Aujourd’hui, UBS travaille en relation étroite avec les compagnies de tourisme en Suisse et leur propose des solutions hautement compétitives», dit-il.

Christen Baumann ne dirige pas son entreprise dans une tour d’ivoire. Selon lui, il est important d’avoir le soutien des habitants de Zermatt. A cet égard, il est certainement aidé par le fait qu’il est perçu comme étant l’antithèse d’un froid calculateur âpre au gain.

«Nous ne vivons pas assez en symbiose avec la nature», affirme Christen Baumann. Et ce ne sont pas des paroles en l’air. Ainsi, au cours du dernier exercice financier, environ 3% des investissements et des charges d’exploitation de l’entreprise ont été alloués à la protection de l’environnement. Pour Christen Baumann, il va de soi que toute construction doit respecter l’environnement. En avril, il soumettra une demande de certification ISO pour la gestion environnementale de sa société.

Donc, Zermatt est un «village» qui a gardé les pieds sur terre. Les infrastructures y sont majoritairement détenues par des gens du crû, c’est particulièrement vrai des remontées mécaniques, des chemins de fer et des hôtels, et la plupart des habitants souhaitent qu’il en demeure ainsi. Christen Baumann y voit à la fois un atout et un danger potentiel: «L’ancrage et le contrôle local établissent un lien d’identification, empêchant les dérapages susceptibles d’être causés par des mainmises externes. En même temps, il y a le risque de se couper des réalités du monde extérieur.»

Et Christen Baumann a-t-il une «vision pour 2010»? Oui: «Zermatt doit rester ce qu’il est.»

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Pour continuer à préserver la réputation du site, la société de Christen Baumann a déjà investi plus de 100 millions de francs suisses dans de nouvelles remontées mécaniques et a ouvert entre 20 et 30 kilomètres de nouvelles pistes skiables. Il prévoit d’investir 100 millions supplémentaires au cours des cinq prochaines années.

«C’est grâce à notre marge d’auto-financement que nous sommes en mesure d’améliorer la qualité du produit que nous offrons.»

En hiver, Christen Baumann a pour habitude de se rendre personnellement toutes les deux semaines sur les pistes appartenant à la société et en été, il va se promener du côté des sites de construction de l’entreprise.

«Nous ne pouvons construire que de juin à octobre, ça nous laisse peu de temps.» En montagne, on n’est pas seulement à la merci de l’économie, mais également du temps et du climat.

La banque, du prestataire de services au coaching financier

Rentabilité, stabilité, liquidité… Des objectifs classiques à atteindre pour une entreprise et où la banque est en mesure d’intervenir. Qu’il s’agisse d’une petite entreprise locale ou d’une grande multinationale, quel que soit le stade de développement d’une entreprise, l’argent est une ressource qui va permettre de concrétiser les projets des entrepreneurs. Le type et l’ampleur des besoins financiers des clients sont aussi variés que les clients eux-mêmes.

En Suisse, nous fournissons une gamme complète de services financiers, du prêt aux transactions financières structurées, des prestations toutes adaptées sur mesure selon les différents types d’entreprises et de projets. Environ 143 000 sociétés, dont la plupart sont des PME, comptent parmi nos clients. Autrefois, les crédits étaient octroyés en fonction des bilans des entreprises. Aujourd’hui, on examine la rentabilité, la durabilité, la compétitivité et la capacité d’endettement d’une entreprise. A partir de là, on procède à une évaluation personnalisée du risque de crédit, ce qui se traduit ensuite par une tarification ajustée aux risques encourus. Le système de notation est non seulement un moyen de déterminer le taux juste d’un crédit, mais aussi un processus transparent visant à aider les chefs d’entreprise à identifier les points faibles ainsi qu’à prendre les mesures nécessaires pour renforcer leur compétitivité. Nous assurons dans ce cadre un véritable coaching, en permettant à notre client d’améliorer sa gestion financière et de concrétiser ses projets.

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